Fusillade à Nice : trois suspects mis en examen dans un contexte de guerre de territoires

Le 11 mai 2026, une fusillade survenue dans le quartier populaire des Moulins à Nice a entraîné la mort de deux personnes et blessé six autres. Les autorités ont rapidement identifié et mis en examen trois suspects, dont le tireur présumé, dans une affaire qui met en lumière les violences croissantes liées au narcotrafic dans la région.

EN BREF

  • Deux morts et six blessés lors d’une fusillade à Nice.
  • Trois suspects, dont le tireur, mis en examen pour narcobanditisme.
  • Augmentation inquiétante de l’implication des mineurs dans le trafic de stupéfiants.

Les faits se sont déroulés en pleine journée sur la place des Amaryllis. Le tireur, un homme de 30 ans, est arrivé en trottinette et a ouvert le feu sur des victimes innocentes, tuant deux pères de famille, Ahmed, 57 ans, et Adilson, 39 ans. Les blessures infligées aux autres victimes, âgées de 23 à 52 ans, varient, mais cinq d’entre elles sont hors de danger, tandis que la sixième présente des blessures graves aux jambes, susceptibles de provoquer des séquelles.

Au cours d’une conférence de presse, le procureur de Marseille, Nicolas Bessone, a précisé que le tireur présumé serait originaire de la région parisienne et qu’il avait été cité à Nice pour effectuer des missions criminelles. Son téléphone a été géolocalisé sur plusieurs sites liés à la fusillade, renforçant ainsi les preuves contre lui.

Une guerre de territoires exacerbée

Cette fusillade s’inscrit dans un contexte de rivalités croissantes entre deux équipes de narcotrafiquants, originaires de l’est et de l’ouest de Nice. Les tensions sont telles que des groupes de Marseille sont également impliqués, comme l’a souligné le commissaire Eric Antonetti, chef du service interdépartemental de la police judiciaire des Alpes-Maritimes. Le procureur Damien Martinelli a de son côté évoqué l’influence croissante de réseaux parisiens dans cette guerre territoriale.

En plus du tireur, un homme de 19 ans, qui a convoyé les véhicules utilisés lors de la fusillade, et une femme de 26 ans, accusée d’avoir joué un rôle de logisticienne en fournissant des appartements aux criminels, ont également été mis en examen. Tous trois nient partiellement les accusations portées contre eux. L’enquête est sous la direction de la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Marseille.

Une situation alarmante

Les violences liées au narcotrafic dans le quartier des Moulins sont préoccupantes, avec au moins onze victimes collatérales en moins de deux ans. Le climat de violence s’est intensifié récemment, comme en témoignent d’autres incidents, tels que des tirs et une explosion survenue quelques jours avant la fusillade. Ces événements sont souvent le reflet de conflits sur des points de deal de drogue.

Les autorités judiciaires ont noté une inquiétante montée en puissance de l’implication des mineurs dans ces activités criminelles. Le procureur de Nice a révélé qu’entre 2020 et 2024, l’implication des mineurs dans le trafic de stupéfiants a augmenté de 300 % dans la région. Cette tendance soulève des inquiétudes quant à l’avenir de ces jeunes, souvent recrutés pour des missions dangereuses au sein de réseaux de narcotrafic.

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a exprimé sa détermination à lutter contre ce fléau, en déclarant vouloir « gagner » la guerre contre le narcotrafic. Cette déclaration intervient alors même que d’autres incidents tragiques, comme la mort d’un adolescent de 15 ans lors d’une fusillade à Nantes, rappellent l’urgence d’agir face à cette problématique croissante.

Alors que la violence continue de sévir, les autorités sont confrontées à la nécessité de trouver des solutions durables pour lutter contre la montée du narcotrafic et protéger les populations, en particulier les plus vulnérables, face à cet environnement de guerre de territoires.