Trois ans après le classement sans suite d’une plainte visant le chanteur Patrick Bruel, une enquête vient d’être rouverte, faisant ressurgir de graves accusations à son encontre. La situation prend une tournure préoccupante avec le dépôt de multiples plaintes, dont certaines remontent à plusieurs décennies. Ce lundi 18 mai 2026, lors d’un entretien vidéo avec Mediapart, Flavie Flament n’a pas caché sa colère face aux dénégations de l’artiste concernant les accusations de viol et d’agressions sexuelles qui le visent.
EN BREF
- Flavie Flament accuse Bruel de l’avoir droguée et violée en 1991, portant plainte récemment.
- Au moins quatre enquêtes et plus d’une dizaine de plaintes visent le chanteur.
- Patrick Bruel dément fermement les accusations, affirmant n’avoir jamais forcé une femme.
Dans son témoignage, Flavie Flament raconte comment elle a décidé de porter plainte pour viol afin de « donner de l’écho » aux autres victimes des actes présumés de Patrick Bruel. Elle allègue avoir été droguée et violée alors qu’elle n’avait que 16 ans. Sa plainte, déposée le 13 mai dernier, marque un tournant dans cette affaire, qui divise l’opinion publique.
Parallèlement, d’autres femmes se manifestent, révélant des affaires similaires. Le 12 mars 2026, une plainte a été déposée par Daniela Elstner, directrice générale d’Unifrance, qui accuse Bruel d’agression sexuelle et de tentative de viol, des faits remontant à 1997. Lors d’un festival en 1997, elle déclare avoir subi des avances non désirées de la part de l’artiste.
Karine Viseur, attachée de presse belge, a également porté plainte, cette fois pour des faits qui auraient eu lieu en 2010. Elle dépeint une scène où Bruel l’aurait enfermée dans des toilettes et tenté de l’embrasser de force. Ce dernier incident a également été précédé d’une première plainte qu’elle avait retirée, mais qui a récemment été relancée.
Les accusations ne s’arrêtent pas là. Une autre plainte pour viol a été déposée auprès du parquet de Saint-Malo, concernant des faits qui se seraient déroulés en 2012, à Dinard, lors d’un festival où Bruel présidait le jury. Par ailleurs, plusieurs femmes ont également témoigné d’agressions sexuelles survenues lors de séances de massage entre 2008 et 2019, certaines d’entre elles ayant déjà déposé des plaintes classées sans suite.
Les récits des plaignantes, souvent similaires dans leur structure, soulignent une culture du silence qui semble avoir prévalu autour du chanteur, souvent protégé par son statut de célébrité. Les témoignages d’Ophélie Fajfer et d’autres femmes, dont certains incidents se sont déroulés dans des contextes de travail, illustrent un schéma troublant d’abus de pouvoir et de manipulation.
Malgré ces accusations graves, Patrick Bruel continue de nier fermement les faits. Dans un message publié sur Instagram, il a affirmé : « Jamais je n’ai forcé une femme. Jamais je n’ai drogué, manipulé ou cherché à soumettre qui que ce soit. Je ne me suis jamais servi de ma notoriété pour abuser de quiconque. »
En parallèle de ces événements, une pétition a circulé, soutenue par des associations féministes, demandant l’annulation des concerts à venir de Bruel, rassemblant plus de 20 000 signatures en quelques jours. La procureure de Paris, Laure Beccuau, a également évoqué la possibilité que plusieurs autres plaintes, peut-être plus anciennes, émergent dans ce contexte.
Le cas de Patrick Bruel soulève non seulement des questions sur la responsabilité individuelle, mais aussi sur le traitement des victimes d’agressions sexuelles. Alors que plusieurs enquêtes sont en cours, les effets de ces révélations continuent de résonner dans la sphère publique, incitant à une réflexion plus profonde sur la lutte contre les violences sexuelles.