Le procès de Guillaume B. s’est conclu cette semaine aux assises de Digne-les-Bains, révélant des atrocités qui ont marqué la vie de Laëtitia R. pendant sept ans. L’accusé, âgé de 51 ans et ancien directeur d’agence bancaire, est confronté à des réquisitions de réclusion criminelle à perpétuité, formulées par la procureure générale Malinka Eymond.
EN BREF
- Guillaume B. risquerait la réclusion criminelle à perpétuité pour des crimes graves.
- Laëtitia R. a décrit sept ans de viols et de tortures lors du procès.
- Le verdict est attendu ce samedi.
Au cours d’une semaine éprouvante, Laëtitia R. a témoigné des violences subies, notamment des viols et des tortures infligées par son ex-compagnon. Les réquisitions de la procureure s’appuient sur des éléments accablants, dont des messages et des enregistrements qui attestent de la brutalité des actes commis, considérés comme des « pratiques dégradantes quotidiennes » imposées sous la menace.
« La relation sadomasochiste n’en avait que le nom. Les pratiques étaient censées être consensuelles, or Laëtitia ne pouvait jamais dire stop », a souligné Malinka Eymond dans son réquisitoire. L’avocate générale a décrit un tableau de violence et de déshumanisation, affirmant que Guillaume B. avait « voulu nier la dignité humaine » de son ex-compagne.
Me Philippe-Henry Honegger, avocat de Laëtitia, a également insisté sur la nature sadiquement manipulatrice de l’accusé. Il a souligné que les preuves matérielles et les témoignages corroborent une stratégie délibérée de l’accusé visant à infliger douleur et humiliation. « Pendant sept ans, il a structuré son existence autour d’une stratégie quotidienne dont le seul but était de provoquer la douleur pour en jouir », a-t-il déclaré.
Laëtitia R., mère de quatre enfants, a partagé son expérience, évoquant des rendez-vous hebdomadaires où elle était soumise à des actes de violence. « Guillaume venait tous les lundis pour me frapper, m’humilier et prendre l’argent gagné lors de relations tarifées », a-t-elle confié. Elle a estimé avoir perdu le compte après 487 hommes, se disant sous l’emprise psychologique de son ancien compagnon.
Lors de son témoignage, Laëtitia a également évoqué l’absence de « safe word », un mot qui aurait permis d’arrêter les pratiques. « Si je disais stop, les punitions étaient pires », a-t-elle expliqué, faisant état de nombreuses blessures physiques et psychologiques. Bien que la plupart des actes décrits aient été reconnus par Guillaume B., il a tenté de défendre sa position en les qualifiant de « jeux sexuels consentis ».
La question du consentement a été au cœur des débats, alors que la défense de l’accusé soutenait que Laëtitia avait participé de son plein gré à ces pratiques. Néanmoins, le récit poignant de la plaignante a mis en lumière la complexité des dynamiques de pouvoir et de contrôle dans leur relation.
La décision du jury est attendue ce samedi, et le verdict pourrait marquer une étape importante dans la lutte contre les violences faites aux femmes, alors que des voix s’élèvent pour mettre en lumière ces tragédies souvent cachées.