Explosion du surendettement chez les jeunes : un appel à la vigilance sur les petits crédits

Le phénomène du surendettement chez les jeunes prend des proportions alarmantes, selon les données récentes de la Banque de France. Le nombre de jeunes de moins de 30 ans ayant déposé un dossier de surendettement a en effet augmenté de 36% en un an. Cette situation découle largement de la montée en puissance des paiements fractionnés pour de petits achats, notamment à travers les minicrédits.

EN BREF

  • Augmentation de 36% des dossiers de surendettement chez les jeunes en un an.
  • Les petits crédits et paiements fractionnés attirent de plus en plus de consommateurs.
  • Le phénomène touche particulièrement les 18-25 ans, avec une hausse de 65% des demandes.

Antoine Diers, consultant et membre des Grandes Gueules, a récemment exprimé son inquiétude sur ce sujet lors de l’émission diffusée le 27 mai 2026. Selon lui, les jeunes sont poussés à recourir à ces petits crédits qui, sous couvert de simplicité, s’apparentent à des arnaques. « Mes parents m’ont toujours dit qu’on ne prend un crédit que pour un gros achat, une maison ou une voiture à la limite », a-t-il déclaré. « Si tu ne peux pas t’acheter quelque chose sans crédit, tu ne dois pas l’acheter », conseille-t-il avec ferveur.

Bruno Poncet, cheminot et membre du syndicat, a également partagé son point de vue sur RMC Story. Il dépeint un tableau inquiétant : « Quand tu achètes une paire de chaussures, on te propose un paiement en 3 ou 4 fois sans frais via des applications qui ne sont là que pour ça ». Selon lui, cette pratique incite certains jeunes à continuer à consommer malgré une perte de pouvoir d’achat, et il redoute que cela ne devienne la norme, jusqu’à ce que les courses soient également payées en plusieurs fois.

La voix de Fatima Aït-Bounnoua, enseignante, résonne également dans ce débat. Elle souligne que ce phénomène est révélateur de deux problèmes de société majeurs : d’une part, ceux qui vivent au-dessus de leurs moyens, et d’autre part, ceux qui peinent à vivre décemment avec leur salaire. Elle déplore que le crédit soit devenu plus accessible que l’aide pour les besoins essentiels, comme le carburant.

Un autre aspect préoccupant du surendettement chez les jeunes est la question de l’usurpation d’identité. Aït-Bounnoua alerte sur le fait que certains jeunes sont victimes de fraudes, où des individus contractent des crédits en utilisant leur identité sans aucune vérification. Cela met en lumière la facilité avec laquelle ces crédits peuvent être obtenus, ce qui complique encore davantage la situation des jeunes concernés.

Les 18-25 ans sont particulièrement touchés par ce phénomène, avec une augmentation de 65% du nombre de dossiers de surendettement dans cette tranche d’âge, atteignant un total de 5000 cas. Cette réalité a été rappelée en février dernier par le député de La France Insoumise, Bastien Lachaud, qui a qualifié ces minicrédits de « forme de drogue douce« , soulignant ainsi leur caractère addictif et nuisible.

Plus largement, la Banque de France a rapporté que le nombre total de dossiers de surendettement a également augmenté de 10% en 2025, atteignant des niveaux jamais vus depuis 2018. Cette tendance soulève des questions cruciales sur la santé financière des jeunes et l’avenir de leur pouvoir d’achat.

Il est essentiel de prendre conscience des conséquences de ces pratiques financières sur la jeunesse. Les avertissements de spécialistes et de témoins doivent être entendus pour protéger les jeunes consommateurs face à des offres séduisantes mais potentiellement dévastatrices pour leur avenir financier.