La vigilance orange canicule, élargie ce jeudi 28 mai à 17 départements dont Paris et sa petite couronne, met en lumière une situation préoccupante dans les établissements scolaires. La chaleur accablante, qui a atteint 35 degrés dans certaines classes, soulève des questions sur la sécurité des élèves et du personnel éducatif.
EN BREF
- La canicule affecte 17 départements, dont Paris, avec des températures dépassant les 35 degrés.
- Les enseignants s’inquiètent des conditions de travail et de la sécurité des élèves.
- Des demandes de règles nationales pour la gestion de la chaleur en milieu scolaire émergent.
Dans un collège de banlieue parisienne, les enseignants constatent une température intérieure atteignant 32 degrés. Dans d’autres établissements, comme ceux du Finistère, les chiffres grimpent à 33 degrés, et même jusqu’à 35 degrés dans certaines classes. Anna, enseignante, déplore un environnement où « pas de clim, pas de ventilo » est la norme. Les rideaux sont fermés, et l’absence d’air frais est ressentie de manière aiguë.
Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, a partagé son indignation sur RMC, évoquant des collègues contraints d’apporter leurs propres ventilateurs ou brumisateurs pour tenter d’améliorer des conditions de travail jugées inacceptables. « C’est le grand bricolage encore une fois dans l’éducation nationale », a-t-elle déclaré, soulignant l’absence de mesures adaptées face à une canicule persistante.
Les enseignants, confrontés à des fenêtres anti-suicide bloquées à une ouverture de 7 cm, se retrouvent dans l’obligation d’apporter des outils pour tenter d’aérer leurs salles de classe. Maxime Repère, membre du syndicat national des lycées et collèges, interpelle sur l’importance de la santé des personnes. « Qu’attendons-nous pour imposer des règles communes à tous les établissements ? », questionne-t-il avec gravité.
La question de la fermeture des établissements est sur la table, mais le ministre de l’Éducation nationale a précisé qu’une fermeture généralisée « n’est pas envisagée ». Les enseignants, cependant, réclament un cadre national à partir de 30 degrés, afin d’assurer un environnement scolaire sûr pour tous. « À partir de 30 degrés, s’il faut fermer des classes, alors oui, faisons-le », plaide Maxime Repère.
Les critiques pleuvent également sur le manque d’anticipation du ministre de l’Éducation nationale face à cette situation. « Il aurait fallu anticiper », affirme Sophie Vénétitay, soulignant l’importance de prendre en compte les conditions climatiques, surtout avec les examens de bac pro qui débutent le même jour. « Cela montre encore une fois que l’éducation nationale n’est pas prête », conclut-elle.
Dans ce contexte de crise, certains enseignants tentent de faire au mieux, en s’organisant entre collègues pour profiter de la classe la plus fraîche. « On tient le coup », admet Anna, bien que cette situation soulève de réelles inquiétudes sur la gestion de l’éducation nationale face aux enjeux climatiques actuels.
Les intervenants s’accordent sur un besoin urgent d’un plan de rénovation du bâti scolaire. Sophie Vénétitay propose d’envisager la climatisation comme une solution, tout en soulignant la nécessité d’un entretien régulier pour éviter des problèmes de santé. La végétalisation des cours et l’amélioration de l’isolation des salles de classe sont également des pistes à explorer pour répondre aux défis posés par les vagues de chaleur de plus en plus fréquentes.