En France, la lutte contre l’obésité va connaître un tournant décisif avec le remboursement imminent des médicaments Wegovy et Mounjaro. Ces traitements, qui visent à aider les personnes souffrant d’obésité, devraient être pris en charge par l’Assurance maladie à partir de la mi-juin 2026.
EN BREF
- Le remboursement des médicaments anti-obésité Wegovy et Mounjaro est imminent.
- Les critères d’éligibilité s’appliqueront aux patients en obésité massive à sévère.
- Ce remboursement pourrait atteindre 65 % du coût des traitements, fixé autour de 300 euros.
Les informations relayées par Le Parisien et l’Agence France Presse (AFP) soulignent que la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, devrait faire cette annonce lors d’une visite à l’hôpital Pitié-Salpêtrière. Cette déclaration s’inscrit dans un contexte où, fin 2024, la Haute Autorité de Santé (HAS) avait déjà donné un avis favorable concernant le remboursement de ces médicaments.
Les négociations entre les laboratoires et les autorités de santé ont cependant pris du temps, ce qui a suscité une certaine impatience parmi les associations de patients. Selon les sources concordantes, le remboursement sera appliqué dans un cadre très contrôlé, visant des patients souffrant d’obésité massive (indice de masse corporelle, IMC ≥ 40 kg/m²) ou sévère (IMC ≥ 35 kg/m² avec comorbidité).
La prise en charge de ces traitements représente un enjeu de santé publique majeur. En effet, près de 10 millions de personnes en France souffrent d’obésité, et on estime que près de 50 % de la population est en surpoids. Les médicaments Wegovy et Mounjaro, qui agissent en tant qu’analogues de l’hormone GLP1, favorisent une sensation de satiété, permettant ainsi une perte de poids significative. Toutefois, leur efficacité dépend d’une utilisation prolongée, semblable à celle d’autres médicaments chroniques.
Le Pr Boris Hansel, endocrinologue-nutritionniste à l’hôpital Bichat à Paris, souligne que ces traitements ne se limitent pas à la simple perte de poids. Ils contribuent également à améliorer la santé globale des patients, réduisant les risques de maladies cardiovasculaires, de problèmes hépatiques et rénaux, ainsi que des apnées du sommeil. L’objectif est donc de traiter le patient dans sa globalité.
La HAS a également recommandé que la prescription initiale des médicaments soit effectuée par des médecins spécialistes en endocrinologie, diabétologie ou nutrition. Cette précaution vise à éviter les abus, notamment l’utilisation de ces traitements à des fins esthétiques par des personnes qui ne souffrent pas d’obésité ou de surpoids.
Les prochaines semaines seront donc cruciales pour l’intégration de ces médicaments dans le parcours de soins des patients. La publication officielle des critères et modalités de remboursement dans le Journal officiel est attendue d’ici la fin de cette semaine, marquant ainsi un pas significatif dans la prise en charge de l’obésité en France.