À partir de la mi-juin, la France va rembourser les traitements contre l’obésité, Wegovy et Mounjaro, marquant une avancée significative dans la prise en charge de cette pathologie. Bien que cette décision soit accueillie avec enthousiasme, elle s’accompagne de restrictions visant à limiter les abus et à protéger le système de santé.
EN BREF
- Wegovy et Mounjaro remboursés à 65%, avec un remboursement total pour la majorité des patients.
- Un coût annuel estimé à 100 millions d’euros pour le système de santé.
- Accès contrôlé aux traitements pour les patients avec un IMC supérieur à 30 ou 27 avec comorbidités.
La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a annoncé cette mesure en soulignant que la France est le premier pays de l’Union Européenne à offrir un remboursement pérenne pour ces traitements. Ce remboursement a été fixé à 65%, mais dans la pratique, la plupart des patients pourront bénéficier d’une prise en charge intégrale en raison de leur état de santé.
Cette décision est particulièrement bien accueillie par des patients comme Amandine, 44 ans, qui souffre d’obésité et éprouve des difficultés financières. Elle a décrié le coût prohibitif des injections, évaluées à 300 euros par mois, qu’elle n’aurait pas pu assumer sans ce soutien. « C’est une vague de soulagement », a-t-elle déclaré, précisant que son état de santé s’était tellement détérioré qu’elle ne pouvait plus travailler.
Amandine a déjà expérimenté le traitement Wegovy au cours d’une étude, perdant 20 kg et constatant une amélioration de sa mobilité ainsi que de son état mental. « Je ne pouvais plus bouger, ma mobilité était en jeu », a-t-elle expliqué, ajoutant que son apnée du sommeil s’est également améliorée. Elle souligne que la réduction de son poids pourrait également diminuer les autres frais médicaux liés à son obésité, qui coûtent à la France environ 18 milliards d’euros par an.
La ministre a précisé que le remboursement, bien qu’il représente un coût important pour l’État, pourrait également réduire les dépenses de santé à long terme. En effet, selon ses estimations, cette mesure pourrait coûter environ 100 millions d’euros par an, en ciblant une population d’un million de personnes qui nécessiteront ces traitements.
En dehors du remboursement, Wegovy et Mounjaro resteront disponibles pour d’autres patients, mais ceux-ci devront en assumer les frais. Ces médicaments doivent être prescrits par des professionnels de santé, que ce soit des médecins spécialistes ou des généralistes, et sont destinés aux personnes ayant un indice de masse corporelle (IMC) supérieur ou égal à 30, ou supérieur ou égal à 27 en présence de comorbidités. De plus, leur utilisation doit s’accompagner de changements diététiques et d’une augmentation de l’activité physique.
Cette nouvelle politique de remboursement représente un pas en avant dans la lutte contre l’obésité en France, un problème de santé publique majeur. Les défis demeurent, mais pour Amandine et d’autres patients, cette avancée pourrait marquer le début d’un nouveau chapitre dans leur parcours de santé.