Les pharmaciens confrontés à 468 agressions en 2025, un faible taux de plaintes

En 2025, les pharmaciens ont signalé un total de 468 agressions à l’Ordre national des pharmaciens (Cnop), selon le bilan annuel sur la sécurité publié récemment. Ce chiffre, bien qu’inquiétant, représente une diminution d’environ 12 % par rapport à l’année précédente. Cependant, l’Ordre déplore que seulement 16,8 % des pharmaciens concernés aient décidé de porter plainte, révélant une tendance préoccupante concernant la prise en charge judiciaire des agressions.

EN BREF

  • 468 agressions signalées par les pharmaciens en 2025, une baisse de 12 % par rapport à 2024.
  • Seulement 16,8 % des agressions ont donné lieu à une plainte.
  • Les agressions surviennent principalement lors des heures d’ouverture des officines.

Le Cnop a souligné que les pharmaciens expriment une difficulté croissante à exercer leur métier dans un environnement serein. Dans son communiqué, l’institution précise que la majorité des agressions signalées ont lieu pendant les heures d’ouverture des officines, ce qui accroît la vulnérabilité des professionnels de santé. En effet, plus de 80 % des agressions se produisent alors que les pharmacies sont ouvertes, exposant ainsi les pharmaciens à des situations de violence.

Les régions les plus touchées par ces incidents sont l’Auvergne-Rhône-Alpes, l’Île-de-France et les Hauts-de-France. Ce constat met en lumière la nécessité d’une attention particulière aux zones géographiques les plus à risque. L’Ordre national des pharmaciens a donc pris des mesures pour soutenir les professionnels. Parmi ces initiatives, la création d’un réseau de référents sécurité a été mise en place. Ces pharmaciens formés sont là pour écouter leurs collègues et les accompagner dans les démarches judiciaires.

Il est intéressant de noter que les agressions sont souvent liées à des refus de délivrance de médicaments ou à la gestion de stupéfiants. Ces situations, qui engendrent une impatience chez certains patients, peuvent rapidement dégénérer en violences. Selon le Cnop, 71 % des agressions signalées sont des atteintes aux personnes, ce qui démontre l’urgence d’un renforcement des mesures de sécurité au sein des officines.

Sur le plan judiciaire, l’Ordre s’est constitué partie civile dans 11 des 12 affaires jugées en 2025. Cette action vise à faire reconnaître le préjudice subi par la profession, soulignant ainsi l’importance d’une reconnaissance institutionnelle des violences dont sont victimes les pharmaciens.

La situation actuelle appelle à une réflexion profonde sur la sécurité des pharmaciens. Pourquoi un si faible taux de plaintes ? Quels moyens peuvent être mis en place pour inciter ces professionnels à signaler les agressions dont ils sont victimes ? L’Ordre national des pharmaciens semble conscient de ces enjeux et continue d’œuvrer pour améliorer la sécurité et le bien-être de ses membres.

Il est essentiel que les pharmaciens puissent exercer leur métier dans un cadre serein, sans craindre pour leur sécurité. Le dialogue entre les institutions et les professionnels est plus que jamais nécessaire pour instaurer un climat de confiance et de protection face à la violence croissante dans le secteur de la santé.