Le vendredi 5 juin 2026, Gérald Darmanin, ministre de la Justice, a été l’invité du journal de 20 heures de TF1, où il a abordé l’affaire tragique de Lyhanna. Cette prise de parole est intervenue au lendemain de la confirmation de l’identité du corps retrouvé, suscitant une vague d’indignation et d’émotions au sein de la société française.
EN BREF
- Gérald Darmanin présente ses excuses au nom de la Justice à la famille de Lyhanna.
- Il reconnaît des défaillances dans le traitement des plaintes concernant le principal suspect.
- Une enquête administrative est ouverte pour faire la lumière sur cette affaire.
Cette intervention a eu lieu dans un contexte où l’affaire Lyhanna est devenue un enjeu politique majeur, notamment face à la multiplication des plaintes et signalements concernant Jérôme B., le principal suspect, pour des viols sur mineurs. Dans son allocution, Darmanin a exprimé son profond regret en déclarant que « l’institution judiciaire n’a pas su protéger cette petite fille ». Il a également présenté ses excuses à la famille de Lyhanna et à « tous les Français légitimement choqués » par cette affaire.
Le ministre a promis de rendre publiques les conclusions de l’enquête administrative qui sera diligentée. Il a également admis l’existence de défaillances au sein de la Justice, des forces de l’ordre et d’autres services de l’État. « Nous avons failli dans le suivi des plaintes », a-t-il reconnu, faisant référence à la circulaire qu’il a diffusée demandant aux parquets de prioriser les plaintes concernant les femmes et les enfants.
Darmanin a souligné un point crucial : « De manière générale, nous n’écoutons pas la parole des enfants ». Il a précisé que le manque de moyens ne saurait être une excuse pour les manquements constatés. Ce constat a été renforcé par une déclaration du président de la République en milieu de journée, qui a également mis l’accent sur la nécessité d’une meilleure prise en charge des plaintes de ce type.
En parallèle, le garde des Sceaux a exprimé son agacement face à la non-application de ses directives en matière de violences sexuelles contre les mineurs. Des sanctions pourraient être envisagées à l’encontre de magistrats en cas de manquement avéré dans cette affaire. « Une enquête administrative a été ouverte », a-t-il confirmé, soulignant l’importance d’une réponse rapide et efficace face à cette situation tragique.
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a également réagi à cette affaire, exprimant son choc et demandant des conclusions sous 15 jours. Pendant ce temps, la Chancellerie a déposé une plainte suite aux menaces reçues par la procureure d’Auch, critiquée pour son traitement du principal suspect, qui avait déjà été l’objet de quatre plaintes sans jamais avoir été placé en garde à vue.
Cette affaire met en lumière les failles d’un système judiciaire parfois débordé, ainsi que l’urgence d’une réforme profonde pour garantir une meilleure protection des plus vulnérables. L’émotion suscitée par le sort de Lyhanna ne doit pas occulter la nécessité d’une action vigoureuse pour éviter que de telles tragédies ne se reproduisent à l’avenir.