À deux jours du lancement de la Coupe du Monde 2026, la tension monte aux États-Unis en raison d’une politique migratoire particulièrement stricte. Plusieurs incidents récents impliquant des supporters, des joueurs et des membres de délégations internationales soulignent les complications liées à l’entrée sur le territoire américain.
EN BREF
- Des supporters et des joueurs se voient refuser l’entrée aux États-Unis.
- Des fouilles et interrogatoires prolongés suscitent un embarras pour la FIFA.
- La fédération iranienne dénonce la perte de son quota de billets pour le Mondial.
Dans les jours qui ont précédé la Coupe du Monde, plusieurs supporters ont été refoulés par les autorités américaines. Le cas de l’arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan est particulièrement emblématique. Arrivé à Miami, il a été soumis à un interrogatoire de onze heures avant d’être contraint de retourner à Istanbul. Malgré la possession de documents en règle, il a exprimé son incompréhension face à ce traitement, suggérant que son origine somalienne avait joué un rôle dans cette décision.
Un autre incident a concerné l’attaquant irakien Aymen Hussein, qui a été retenu près de sept heures à l’aéroport de Chicago. Son téléphone a été minutieusement inspecté, ce qui a été perçu par certains médias arabes comme un interrogatoire inapproprié. Finalement, bien qu’il ait été autorisé à entrer sur le territoire, ce climat de suspicion et de fouille a provoqué une onde de choc au sein des délégations.
Les images de l’équipe sénégalaise fouillée directement sur le tarmac à son arrivée en Caroline du Nord ont également suscité l’indignation. Bien que la fédération sénégalaise ait précisé que ces contrôles avaient eu lieu avant l’embarquement pour un vol, de telles scènes soulèvent des questions sur la gestion des arrivées d’équipes internationales.
La semaine dernière, la délégation ouzbèke a également été fouillée dès sa descente d’un bus avant un match amical. Cette situation a conduit à des mesures de sécurité renforcées, y compris l’utilisation de chiens renifleurs et de détecteurs de métaux.
Par ailleurs, la fédération iranienne a annoncé que les États-Unis lui avaient retiré son quota de billets pour les matchs de la phase de groupes. Alors que l’Iran doit jouer à Los Angeles, les responsables de la fédération ont exprimé leur préoccupation face à cette situation, qui semble contraire à l’esprit d’équité des compétitions internationales.
Les joueurs iraniens ont reçu leurs visas, mais plusieurs membres de l’encadrement, y compris le président de la fédération, ont vu leurs demandes refusées. Cela a poussé l’équipe à déplacer son camp de base de Tucson, en Arizona, à Tijuana, au Mexique.
Les répercussions de ces tensions migratoires ne se limitent pas aux équipes et aux supporters. Les travailleurs liés à l’événement, notamment au SoFi Stadium de Los Angeles, ont exprimé leurs inquiétudes face à la situation. Un syndicat a voté une grève potentielle, revendiquant de meilleures conditions de travail et des protections contre la police de l’immigration, dont les actions récentes ont été largement critiquées.
La FIFA, quant à elle, a déclaré qu’elle ne pouvait intervenir dans les procédures d’immigration des pays hôtes. Ces événements soulignent l’interconnexion entre le sport et la politique, et mettent en lumière les défis auxquels font face les acteurs du football à l’échelle mondiale.