Le cardinal Pierbattista Pizzaballa, représentant de l’Église catholique à Jérusalem, a récemment exprimé son alarmisme concernant la situation de plus en plus préoccupante en Terre sainte. Lors d’une déclaration faite ce jeudi, il a souligné que la violence et les tensions ont atteint un niveau insoutenable dans cette région, particulièrement depuis le 7 octobre, date marquant une escalade des conflits.
EN BREF
- Le cardinal Pizzaballa déplore une situation de violence extrême en Terre sainte.
- Une centaine de familles chrétiennes ont quitté la région depuis les attaques du Hamas.
- Les écoles chrétiennes en Gaza souffrent des conséquences de la guerre, avec une seule encore fonctionnelle.
Lors de sa prise de parole, le cardinal a rappelé que la violence est devenue le principal moyen de communication entre les différentes communautés. À Jérusalem-Est, les agressions contre des religieux sont devenues fréquentes, tandis que les attaques de colons juifs radicaux sur des villages chrétiens en Cisjordanie soulèvent des inquiétudes croissantes. Selon le prélat, la situation est devenue « dramatique à tous points de vue », et il a averti qu’il ne savait pas où la région se dirige.
En chiffres, Pizzaballa a révélé qu’une centaine de familles chrétiennes ont fui la Terre sainte depuis les récentes violences, une situation qui n’est pas sans rappeler le climat d’insécurité qui règne dans le pays. En parallèle, il a évoqué un incident marquant où une religieuse a été violemment agressée par un extrémiste juif, incident qui a mis en lumière la problématique des actes antichrétiens dans la région. En 2025, le Rossing Center, une organisation israélienne, a documenté 155 actes antichrétiens, ce qui montre un rythme d’un incident tous les trois jours, un chiffre que sa responsable, Hanna Bendcowski, estime sous-évalué.
Des conditions de vie alarmantes à Gaza
En ce qui concerne la bande de Gaza, le cardinal Pizzaballa a exprimé de vives inquiétudes. Bien que la cessation des bombardements ait permis un retour partiel à la normalité, la population y vit encore dans des conditions de survie. Il a souligné que la situation alimentaire s’est légèrement améliorée, mais que de nombreux habitants continuent de vivre dans des tentes ou des ruines, suite à la destruction des infrastructures durant les conflits. Parmi les quatre écoles chrétiennes de Gaza, seule une est actuellement en état de fonctionner, accueillant environ 600 élèves, majoritairement musulmans, contre 2 000 élèves avant le début des hostilités.
Le cardinal a également mentionné l’impact psychologique dévastateur de cette situation sur les familles, particulièrement sur les enfants. « Le traumatisme est omniprésent », a-t-il déclaré, mettant en avant les défis que représentent la réorganisation de la vie quotidienne pour ceux qui survivent dans des conditions de précarité extrême.
Appel au soutien international
Le message du cardinal résonne jusqu’au Vatican, où le pape Léon XIV, bien qu’il ne communique pas quotidiennement avec la paroisse de Gaza-Ville, reste attentif aux besoins des Gazaouis. Pizzaballa a appelé à ne pas généraliser l’agressivité antichrétienne à l’ensemble de la population israélienne, soulignant qu’une minorité (4 %) des Israéliens soutient les violences contre les religieux.
Il a également évoqué l’importance du dialogue interreligieux, bien qu’il soit difficile dans le climat actuel. « Nous sommes à un moment de vérité », a-t-il ajouté, insistant sur la nécessité d’une collaboration constructive entre les différentes communautés. Enfin, il a sollicité le soutien de la France, en affirmant que les institutions doivent rester connectées à la région non seulement sur le plan financier, mais aussi sur le plan fraternel.
La situation en Terre sainte demeure complexe et préoccupante, et les appels à la paix et à la réconciliation résonnent au-delà des frontières, témoignant d’une volonté collective de trouver des solutions durables face à un conflit qui dure depuis trop longtemps.