La constipation, souvent perçue comme un simple inconfort, peut dissimuler des complications majeures, surtout lorsqu’elle est liée à la prise de neuroleptiques. Ce 11 juin, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a émis une alerte concernant les risques associés à ces traitements. L’agence souligne l’importance d’une vigilance accrue et d’une prise en charge rapide pour éviter des conséquences fâcheuses, y compris le décès.
EN BREF
- Les neuroleptiques peuvent provoquer des complications graves liées à la constipation.
- L’ANSM appelle à une vigilance accrue des médecins et des patients.
- Des recommandations ont été émises pour une gestion préventive de la constipation.
La constipation se définit par une diminution de la fréquence des selles, généralement inférieure à trois fois par semaine, et une difficulté d’évacuation. Plusieurs facteurs peuvent en être la cause, notamment des modifications alimentaires, des voyages, certaines maladies ou la prise de médicaments spécifiques. Les neuroleptiques, souvent prescrits pour des troubles psychiques tels que la schizophrénie et les troubles bipolaires, figurent parmi les médicaments susceptibles de provoquer cet effet indésirable.
Bien que la constipation soit mentionnée dans la notice d’utilisation de ces traitements, l’ANSM insiste sur le fait que cet effet peut entraîner des complications sévères. Dans son communiqué, l’agence a déclaré : “Des cas graves continuent de nous être signalés”. L’importance d’une prévention appropriée et d’une prise en charge rapide est donc primordiale, tant pour les professionnels de santé que pour les patients.
Causes et recommandations de l’ANSM
Les propriétés anticholinergiques des neuroleptiques, qui bloquent l’action d’un neurotransmetteur essentiel, l’acétylcholine, sont à l’origine de ce risque accru de constipation. Pour limiter ces effets, l’ANSM a formulé des recommandations claires. Les médecins sont appelés à faire preuve d’une vigilance accrue concernant :
- l’évaluation de la « charge anticholinergique » de leur prescription,
- la mise en place d’un traitement préventif contre la constipation dès le début du traitement par neuroleptique,
- le conseil sur des mesures hygiéno-diététiques, telles qu’une hydratation suffisante et une consommation adéquate de fibres.
Il est également conseillé aux médecins de rappeler aux patients les signes d’alerte à surveiller et de les interroger régulièrement sur l’état de leur transit intestinal. Ces étapes sont essentielles pour assurer une gestion proactive de la constipation, évitant ainsi des complications potentiellement graves.
Conseils pour les patients
Pour les patients sous neuroleptiques, il est crucial d’adopter des réflexes appropriés. L’ANSM encourage les personnes concernées à :
- surveiller attentivement leur transit intestinal,
- informer leur médecin en cas de signes d’alerte,
- maintenir une hydratation adéquate,
- consommer suffisamment de fibres,
- ne pas modifier leur traitement sans l’avis d’un professionnel de santé.
Ces recommandations visent à éviter que la constipation ne devienne une source de complications graves, soulignant la nécessité d’une communication ouverte entre les patients et les professionnels de santé. Avec une vigilance appropriée, il est possible de gérer efficacement les effets secondaires des neuroleptiques tout en préservant la santé des patients.