Verrues et prévention : l’efficacité des tongs à la piscine décryptée par un dermatologue

Les verrues, petites excroissances cutanées, sont courantes chez les enfants et les jeunes adultes. Bien qu’elles soient généralement bénignes et souvent guérissant d’elles-mêmes, leur disparition peut être facilitée par divers traitements dermatologiques. Un éclairage sur ces lésions cutanées s’impose, en particulier sur les idées reçues qui entourent leur transmission et leur prévention.

EN BREF

  • Les verrues sont causées par des papillomavirus présents dans l’environnement.
  • Le port de tongs ne prévient pas les verrues, mais protège contre les champignons.
  • Le stress affaiblit le système immunitaire, rendant les verrues plus susceptibles de se développer.

Les verrues, bien que fréquentes, ne doivent pas être sous-estimées. Elles résultent d’une infection par des papillomavirus, qui se sont largement répandus dans notre environnement. Le Pr François Aubin, chef de service en dermatologie au CHU de Besançon, souligne que ces virus se trouvent notamment sur des surfaces telles que les poignées de portes, les serviettes et les chaussures.

Transmission et immunité

Il est important de noter que, bien que les verrues se transmettent par contact cutané direct, neuf fois sur dix, elles sont éliminées spontanément par le système immunitaire adulte. Environ 50 à 70 % des enfants âgés de 5 à 15 ans développent des verrues, car leur système immunitaire est encore en maturation. De même, les jeunes adultes au début de leur vie sexuelle peuvent contracter des condylomes, mais seulement 1 % d’entre eux sera affecté sur le long terme.

Les adultes et les enfants ayant une peau fragilisée, telle que celle présentant de l’eczéma ou des coupures, courent un risque accru de développer des verrues. Dans ces cas, une attention particulière est requise pour prévenir toute infiltration virale.

Traitements et prévention

Concernant les traitements, il n’existe pas de solution antivirale spécifique pour éradiquer le papillomavirus. Les traitements disponibles, tels que l’application d’azote liquide, d’acide salicylique, le curetage ou l’ablation, visent seulement à détruire la verrue. Le virus peut cependant réapparaître tant que l’organisme ne l’a pas éliminé complètement. Pour les condylomes, les médecins recommandent souvent un traitement systématique pour prévenir la transmission sexuelle.

Le Pr Aubin mentionne que le stress psychologique peut également jouer un rôle dans le développement des verrues. En effet, un affaiblissement du système immunitaire facilite l’installation de pathologies infectieuses, y compris celles d’origine virale.

Les tongs à la piscine : mythe ou réalité ?

Une question fréquente est de savoir si le port de tongs à la piscine peut prévenir l’apparition de verrues. Selon le Pr Aubin, il s’agit d’un mythe. Les verrues ne s’attrapent pas par contact avec le sol ou l’eau. Ainsi, aucune étude n’a démontré que la contamination est plus fréquente dans les piscines, tant que chacun utilise son propre linge de toilette. En revanche, porter des tongs peut effectivement protéger contre les infections fongiques, qui sont un autre type de risque dans des environnements humides.

Enfin, il est essentiel de rappeler que la vaccination contre le papillomavirus, recommandée pour les jeunes de 11 à 14 ans, et une dose supplémentaire pour ceux âgés de 15 à 19 ans, peut offrir une protection contre les verrues génitales. Le Gardasil 9 est particulièrement recommandé, car il couvre les HPV responsables des condylomes, ainsi que ceux pouvant entraîner des cancers.

En somme, bien que les verrues puissent sembler anodines, leur gestion nécessite une attention particulière et une compréhension des mécanismes de transmission et de prévention. La protection de votre peau et de votre santé passe également par une bonne hygiène et, lorsque cela est approprié, par la vaccination.