Alors que l’été 2026 se profile, un sondage Ipsos commandé par le Secours Populaire met en lumière une réalité inquiétante : partir en vacances devient un privilège pour de nombreux Français. Publiée à l’occasion des 90 ans des congés payés, cette étude révèle que 27 % des Français, dont 38 % des ouvriers, prévoient de ne pas prendre de congés cet été.
EN BREF
- 27 % des Français ne prendront pas de vacances cet été 2026
- 61 % des répondants évoquent des raisons financières pour renoncer aux congés
- 86 % estiment que les vacances sont essentielles pour leur moral et leur santé mentale
Les raisons de cette situation sont variées. Si 27 % des personnes interrogées affirment renoncer à leurs vacances par choix personnel et 14 % pour des raisons de santé, la majorité, soit 61 %, cite des contraintes financières. Cette tendance n’est pas nouvelle ; au cours des quatre dernières années, un Français sur trois a dû abandonner ses projets de vacances, souvent pour des raisons économiques. De plus, un quart des répondants admet avoir consenti à des sacrifices importants pour réaliser un départ en congé.
Malgré ces difficultés financières, les vacances sont perçues comme un besoin essentiel par 61 % des Français. Cependant, 39 % considèrent également ce besoin comme un luxe. Ce contraste est révélateur d’une société où les vacances, bien qu’appréciées, deviennent de plus en plus inaccessibles pour une partie de la population. En effet, 67 % des personnes interrogées estiment que partir en vacances est une chance, alors que 33 % le voient comme un droit.
Les bienfaits des vacances sont largement reconnus. Selon le sondage, 86 % des Français jugent qu’elles sont indispensables pour maintenir un bon moral face aux défis de la vie quotidienne. Les vacances sont également perçues comme bénéfiques pour la santé mentale (85 %), l’épanouissement personnel (84 %), la santé physique (80 %) et même la cohésion au sein du couple (80 %). À l’inverse, l’absence de départ en congé peut engendrer des effets néfastes sur la vie de famille (62 %), la vie sociale (50 %), la vie professionnelle (49 %) et même la vie sexuelle (46 %).
Pour ceux qui envisagent de partir cet été, près de la moitié des vacanciers prévoient de ne s’absenter que moins de deux semaines. Toutefois, il convient de noter que partir en vacances n’implique pas nécessairement un budget illimité. Environ 54 % des vacanciers, dont 64 % des employés et ouvriers, estiment être contraints de surveiller leurs dépenses et de renoncer à des envies. Par exemple, 70 % des Français ont dû, au cours des quatre dernières années, opter pour des repas faits maison plutôt que de manger au restaurant, tandis que 59 % ont choisi de voyager moins loin que prévu. De plus, 49 % ont réduit la durée de leurs vacances et 44 % ont logé chez des proches pour éviter les frais de location.
Ce constat souligne une réalité sociale préoccupante : alors que le droit aux congés payés a révolutionné les vacances pour de nombreux travailleurs, la situation économique actuelle rend ces moments de répit de plus en plus inaccessibles. Les Français aspirent à des vacances qui, pour certains, semblent devenir un luxe réservé à une élite. Comment alors réconcilier cette aspiration avec les réalités économiques ? La question reste ouverte.