Haïti : plus de 2.300 victimes de la violence des gangs en 2023, alerte l’ONU

La situation en Haïti devient de plus en plus alarmante. Selon Volker Türk, Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, la violence gangrenant le pays a provoqué « au moins 2.300 morts, 1.100 blessés et 99 enlèvements depuis le début de l’année ». Ces chiffres tragiques ont été relayés ce lundi lors d’une session du Conseil des droits de l’homme à Genève, en Suisse.

EN BREF

  • 2.300 personnes tuées en Haïti depuis janvier 2023 en raison des violences des gangs.
  • Près de 1,5 million de personnes sont déplacées à cause de la violence.
  • Une nouvelle force de répression des gangs est mise en place pour lutter contre cette crise.

Depuis plusieurs années, Haïti, le pays le plus pauvre de la région, est en proie à des violences incessantes. Les gangs y commettent des actes de barbarie, allant des meurtres aux viols, en passant par le pillage et les enlèvements. Ce phénomène a pris de l’ampleur, touchant non seulement la capitale, Port-au-Prince, mais aussi d’autres régions du pays.

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a rapporté qu’environ 1,5 million de personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays en raison de cette violence rampante. En mai dernier, plus de 18.000 habitants du bidonville de Cité Soleil, le plus vaste de Port-au-Prince, ont été contraints de fuir leurs foyers, illustrant la gravité de la situation humanitaire.

En réponse à cette crise, le Conseil de sécurité de l’ONU a décidé en septembre de remplacer la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS) par une nouvelle Force de répression des gangs (FRG). Cette dernière sera composée d’un maximum de 5.500 personnels, incluant à la fois des policiers et des militaires, ce qui marque un changement significatif par rapport à la mission précédente.

Volker Türk a souligné l’urgence de cette nouvelle force, qui « doit opérer dans le respect du droit international des droits de l’homme ». Ce changement de stratégie est perçu comme une nécessité pour faire face à l’escalade de la violence dans le pays.

La mission précédente, dirigée par le Kenya, a pris fin avec le départ du dernier contingent de policiers kényans en avril. La FRG, quant à elle, devrait être renforcée par l’arrivée de 1.500 militaires tchadiens, dont le déploiement se fera « par phases » au cours des mois à venir, selon les annonces faites par le représentant spécial Jack Christofides.

La communauté internationale suit de près l’évolution de la situation en Haïti. Les appels à l’action se multiplient, pressant les autorités locales à établir des structures judiciaires capables de combattre l’impunité. Les défis sont immenses, mais la nécessité d’une réponse rapide et efficace est plus cruciale que jamais pour assurer la sécurité et la protection des citoyens haïtiens.

Cette crise humanitaire ne peut être ignorée plus longtemps. La mise en place d’une force de sécurité robuste est un premier pas vers la restauration de l’ordre et de la paix. Les regards se tournent désormais vers les autorités haïtiennes et la communauté internationale, avec l’espoir que des mesures tangibles seront prises pour endiguer cette spirale de violence.