Analyse des causes de mortalité en France : cancers et maladies cardiovasculaires en tête

Chaque année, la France fait le point sur ses statistiques de mortalité, mettant en lumière les maladies qui continuent de toucher durement la population. Selon les données de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), de l’Inserm, et de Santé publique France, les maladies cardiovasculaires et les cancers demeurent les principales causes de décès dans le pays.

EN BREF

  • 641 046 décès enregistrés en France en 2024, un taux de mortalité en baisse.
  • Les cancers et les maladies cardiovasculaires restent les premières causes de mortalité.
  • Augmentation des décès liés aux maladies respiratoires et infections.

Pour l’année 2024, 641 046 personnes ont perdu la vie en France, ce qui représente une augmentation de 4 000 décès par rapport à 2023. Cependant, le taux de mortalité global, qui est de 777,9 décès pour 100 000 habitants, a montré une diminution notable, avec 11 décès de moins pour 100 000 habitants par rapport à l’année précédente. Ce chiffre constitue un record historique, bien que les experts notent que le taux de mortalité reste supérieur à ce qui était attendu avant la pandémie de Covid-19.

Les toutes dernières analyses indiquent que les **cancers** sont la première cause de mortalité, représentant plus d’un quart des décès (27,1 %), tandis que les **maladies cardio-neurovasculaires**, telles que les infarctus du myocarde et les AVC, occupent la deuxième place avec 21,2 % des décès. Bien que la mortalité liée aux tumeurs soit en déclin général, certaines catégories, comme celle du cancer du pancréas, montrent une tendance à la hausse.

Un autre aspect préoccupant mis en avant par les autorités sanitaires est l’augmentation des décès dus aux **maladies respiratoires**, hors Covid-19. En effet, ces décès ont augmenté de 5 pour 100 000 habitants, principalement en raison des épidémies de grippe et de pneumonie, qui ont touché gravement la population durant l’hiver 2025. Environ 17 600 décès ont été attribués à la grippe, accentuant la gravité de la situation.

Les infections également, notamment les septicémies, commencent à devenir un sujet d’inquiétude, avec une hausse observée. Un rapport de l’OMS a récemment souligné la croissance de la résistance aux antibiotiques, ce qui complique encore la lutte contre ces infections.

Les données recueillies révèlent également que les **maladies endocriniennes**, les troubles nutritionnels et les affections de l’appareil digestif montrent des taux de mortalité supérieurs aux attentes basées sur les tendances pré-pandémiques. Un tiers des décès en 2024 ont été associés à des **comorbidités**, mettant en lumière l’impact significatif des antécédents médicaux sur la mortalité. L’étude a noté une moyenne de 2,2 causes associées par certificat de décès, ce qui souligne l’importance d’une approche globale dans l’analyse de la mortalité.

Les facteurs de risque qui accroissent les chances d’un décès précoce varient selon les tranches d’âge. L’hypertension artérielle, par exemple, est la cause associée la plus fréquente chez les plus de 65 ans, alors qu’elle figure en quatrième position chez les moins de 65 ans. Cette évolution montre l’importance de la prévention et du suivi médical, particulièrement pour les populations les plus vulnérables.

Pour l’année 2025, les prévisions indiquent une légère baisse des décès dus aux cancers et aux maladies cardio-neurovasculaires, bien que le nombre total de décès puisse rester stable ou même augmenter, en raison du vieillissement de la population et de l’arrivée à des âges avancés de la génération du baby-boom.

Ces statistiques mettent en évidence l’importance d’une vigilance continue face aux défis de la santé publique, tout en soulignant le besoin d’une approche proactive pour gérer les maladies chroniques et les comorbidités qui exacerbent la mortalité. La situation actuelle est un appel à l’action pour renforcer les efforts de prévention et de traitement des maladies les plus meurtrières en France.