Citronnelle, lavande et basilic : les plantes anti-moustiques réellement efficaces

Avec l’arrivée des beaux jours, chaque été, de nombreux Français se précipitent dans les jardineries pour acquérir des plantes réputées pour éloigner les moustiques. Citronnelle, lavande et géranium figurent parmi les plus populaires. Pourtant, des études scientifiques révèlent que ces plantes, souvent utilisées en pot, ne sont pas aussi efficaces qu’on le pense contre ces insectes nuisibles.

EN BREF

  • Les plantes en pot ne repoussent pas les moustiques sans manipulation.
  • Trois plantes se distinguent par leur efficacité prouvée : la cataire, le géranium odorant et le basilic.
  • Des gestes simples comme froisser les feuilles augmentent leur efficacité comme répulsifs.

Une étude publiée dans le Journal of Insect Science a mis en évidence que la citronnelle, souvent achetée pour son prétendu pouvoir répulsif, ne libère pas suffisamment de composés volatils pour être efficace. En effet, les molécules comme le citronellal et le géraniol, qui pourraient éloigner les moustiques, restent emprisonnées dans les tissus végétaux tant que les feuilles ne sont pas froissées.

Pour une protection réelle, il est recommandé d’utiliser l’huile essentielle de citronnelle, qui a démontré une protection de 50 à 60 % contre les piqûres, mais ne dure que deux heures. Cela souligne l’importance de libérer les huiles essentielles pour obtenir une véritable efficacité contre les moustiques.

Un autre constat est que la majorité des plantes anti-moustiques partagent cette limitation. Une expérience menée par l’université d’État de l’Iowa a comparé l’efficacité de plantes comme la cataire, la lavande et le géranium odorant. Les résultats ont montré qu’en laissant les plantes intactes, il n’y avait aucune réduction significative des piqûres. En revanche, en broyant les feuilles et en appliquant le jus sur la peau, la protection variait entre 40 % et 90 %.

Selon les études menées entre 2010 et 2025, trois plantes se distinguent réellement :

  • Cataire (Nepeta cataria) : Son composé principal, la népétalactone, repousse les moustiques aussi efficacement que le DEET. Son efficacité atteint 95 % pendant environ trois heures lorsqu’elle est appliquée sur la peau.
  • Géranium odorant (Pelargonium citrosum) : Ce géranium, contenant du géraniol et du citronellol en forte concentration, a montré une réduction de 74 % des piqûres d’Anopheles.
  • Basilic (Ocimum basilicum) : En particulier les variétés africaines riches en eugénol, qui offrent une protection de 62 % contre les moustiques.

Il est intéressant de noter que la lavande, malgré ses propriétés réelles, arrive en quatrième position, avec des résultats moins impressionnants. En huile essentielle, elle offre environ 40 % de protection pendant une heure.

Un autre constat inquiétant concerne le géranium anti-moustique, souvent vendu sous le nom de Pelargonium citrosum ‘Citrosa’. Bien que commercialisé comme répulsif, une étude a démontré qu’il n’offrait aucune protection réelle, laissant les consommateurs dans l’illusion d’une efficacité.

Pour maximiser l’efficacité des plantes, il est essentiel de suivre quelques conseils pratiques. Plantez-les en pleine terre ou dans de grands bacs pour qu’elles soient plus vigoureuses. Avant de vous installer en extérieur, froissez les feuilles manuellement pour libérer les huiles essentielles.

De plus, placez les plantes près des zones de passage, comme l’entrée de votre maison ou autour de votre table de jardin. Ainsi, les composés volatils auront plus de chances d’être présents là où vous en avez besoin. En parallèle, veillez à éliminer les points d’eau stagnante autour de votre habitation, car 80 % des moustiques proviennent d’endroits proches de chez vous.

Bien qu’aucune plante ne puisse remplacer un répulsif cutané certifié, une combinaison judicieuse de ces trois plantes, accompagnée de gestes appropriés, peut réduire considérablement la pression des moustiques, notamment du moustique tigre, désormais présent dans de nombreux départements français.

En conclusion, il est temps de revoir nos pratiques. Plantez les bonnes espèces, manipulez-les judicieusement et débarrassez-vous des eaux stagnantes. En agissant ainsi, vous pourrez profiter d’un été plus serein, loin des nuisances causées par ces insectes indésirables.