Le site Vinted, connu pour la vente d’articles de seconde main, est récemment au cœur d’une polémique. Une influenceuse a dénoncé la présence d’annonces suspectes sur la plateforme, insinuant qu’elles pourraient dissimuler un trafic d’enfants. Cette accusation a suscité une vaste réaction sur les réseaux sociaux.
EN BREF
- Une influenceuse dénonce des annonces suspectes sur Vinted.
- Le gouvernement a été saisi pour enquêter sur de possibles trafics.
- Vinted réfute ces accusations et souligne des fausses informations.
Djena, créatrice de contenu sur TikTok, a attiré l’attention de ses 370.000 abonnés avec une vidéo qui a enregistré plus de 10 millions de vues. Dans celle-ci, elle affirme que certaines annonces sur Vinted, bien que paraissant innocentes, comportent des détails troublants tels que la taille et l’âge d’enfants. Cela, selon elle, pourrait être un code utilisé par des personnes impliquées dans un trafic d’enfants.
« Personne ne parle du fait qu’il y a du trafic d’enfants sur Vinted », déclare-t-elle. Pour soutenir ses allégations, elle présente divers exemples d’annonces, parmi lesquelles des objets banals aux prix exorbitants. Djena appelle également ses abonnés à signaler massivement ce type de contenu sur des plateformes comme Pharos, qui est dédiée à la lutte contre la cybercriminalité.
Suite à ces accusations, les internautes ont effectivement signalé de nombreuses annonces. Djena raconte avoir échangé avec un vendeur proposant une figurine à 20.000 euros, qui, selon elle, ne vendait pas une figurine mais un enfant. Les annonces dont elle parle ont rapidement disparu de Vinted, mais d’autres similaires restent accessibles sur la plateforme.
En réponse aux accusations, Vinted a expliqué que l’âge mentionné dans les annonces fait référence à la tranche d’âge des jouets, et non à celle d’enfants. La plateforme insiste également sur le fait que les prix élevés peuvent s’expliquer par la valeur de collection ou des stratégies de négociation.
Cette affaire a attiré l’attention des pouvoirs publics. Dans un communiqué, Sarah El Haïry, Haute-commissaire à l’Enfance, a souligné l’importance d’agir rapidement face à des allégations aussi graves. Elle a saisi Pharos ainsi que l’Arcom, l’autorité de régulation des communications électroniques et des postes, pour qu’une enquête approfondie soit menée. L’Office des mineurs de la police judiciaire a également été alerté.
Pour l’heure, les premiers éléments de l’enquête n’ont pas révélé de preuves tangibles de trafic d’enfants via Vinted. La plateforme a affirmé n’avoir trouvé aucun lien entre les annonces signalées et des activités criminelles. Cependant, elle a noté une augmentation des comportements injurieux à l’égard de certains de ses vendeurs, suite à la diffusion de la vidéo de Djena, qu’elle considère comme remplie de « fausses informations et théories infondées ».
Les rumeurs concernant un trafic d’enfants sur Vinted ne sont pas nouvelles. En novembre 2023, une vidéo similaire avait déjà circulé, alimentée par des théories conspirationnistes. Tristan Mendès-France, maître de conférences à l’université Paris-Diderot, a expliqué que ces rumeurs trouvaient leur origine dans des complots américains, comme le « Wayfairgate » de 2020, qui accusaient un site de vente en ligne de vendre des enfants.
Un fait troublant a cependant été rapporté par 20 Minutes : une annonce pour une télécommande de climatisation à 20.000 euros, qui a rapidement attiré l’attention. Lors d’échanges avec le vendeur, celui-ci a proposé une fillette de 7 ans à la vente, envoyant même des photos. Les messages échangés, bien que glaçants, laissaient également place au doute quant aux intentions du vendeur. Les images utilisées semblaient avoir été volées sur Internet, ajoutant une couche de mystère à cette affaire.
Face à la gravité de ces échanges, 20 Minutes a pris l’initiative de signaler cette annonce aux autorités compétentes. La situation reste préoccupante, et les investigations doivent se poursuivre pour assurer la sécurité des enfants.