Le 25 juin, l’Organisation maritime internationale (OMI) a annoncé la suspension de son plan d’évacuation dans le détroit d’Ormuz. Ce plan visait à sortir environ 11 000 marins bloqués dans le Golfe, à la suite d’une attaque sur un navire, attribuée aux forces armées iraniennes. Cette décision survient alors que la région est marquée par des tensions géopolitiques croissantes.
EN BREF
- Suspension du plan d’évacuation pour 11 000 marins dans le détroit d’Ormuz.
- Une attaque attribuée à l’Iran a incité cette décision de l’OMI.
- Les tensions géopolitiques entre Téhéran et Washington se renforcent.
Lors d’une déclaration, le secrétaire général de l’OMI, Arsenio Dominguez, a précisé que cette suspension était temporaire. Elle vise à garantir que des conditions de sécurité adéquates soient en place pour les navires concernés par l’évacuation. Dominguez a souligné la nécessité d’éviter que les marins ne deviennent des « victimes collatérales » d’un conflit en cours.
Il est à noter que le navire attaqué dans le golfe d’Oman n’était pas inclus dans le dispositif d’évacuation mis en place par l’OMI, qui avait débuté quelques jours auparavant. Ce plan, préparé de longue date, visait à permettre l’évacuation de 600 bateaux immobilisés depuis le début de la guerre. La complexité de la situation est accentuée par les menaces de l’autorité maritime iranienne, qui a averti que tout passage en dehors du cadre qu’elle définit ne bénéficierait pas de garanties de sécurité.
En visite dans les pays du Golfe, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a tenté de rassurer les alliés des États-Unis face à ces tensions. Rubio a évoqué les discussions en cours entre Washington et Téhéran, qui ont été relancées après la signature d’un protocole d’accord le 17 juin. Toutefois, il a insisté sur la nécessité d’un accord qui ne soit pas obtenu à n’importe quel prix, notamment en ce qui concerne les droits de passage dans le détroit.
La situation dans le détroit d’Ormuz est particulièrement délicate, et Rubio a mis en garde contre les conséquences d’une acceptation de redevances pour l’utilisation de cette voie navigable internationale. La Maison Blanche a également réagi fermement à l’attaque, réaffirmant que l’Iran ne pouvait pas entraver la libre circulation dans cette zone stratégique.
Les tensions s’étendent également aux relations entre l’Iran et Oman, qui se trouve de l’autre côté du détroit. Oman a annoncé qu’aucun frais de passage ne serait imposé dans les futurs arrangements concernant le détroit, tout en évoquant la mise en place d’un « corridor maritime temporaire » en collaboration avec l’ONU. Cependant, les Gardiens de la Révolution ont menacé de répondre à toute tentative de traversée sans leur autorisation.
Outre les préoccupations liées au détroit, les pays du Golfe s’inquiètent aussi du programme balistique iranien et de son soutien à des groupes armés dans la région. Les chefs de la diplomatie du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont exprimé leur volonté que ces menaces soient abordées dans les négociations en cours.
Avec l’attaque du navire, les cours du pétrole ont connu une hausse, après avoir chuté à des niveaux d’avant-guerre. Le protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran ouvre la voie à soixante jours de négociations, avec une réunion technique prévue en Suisse à la fin juin.
Alors que les critiques se multiplient aux États-Unis concernant les concessions faites par l’administration Trump, la Maison Blanche a sollicité une rallonge budgétaire de près de 88 milliards de dollars pour renforcer ses capacités militaires. Des désaccords persistent également sur le dossier nucléaire iranien, Téhéran affirmant son droit à une filière civile tout en niant des ambitions militaires.
Concernant le Liban, l’Iran a insisté pour que la situation y soit incluse dans les discussions. Les tensions restent vives, avec des accusations mutuelles entre Israël et le Hezbollah, et la situation pourrait encore se détériorer alors que les négociations se poursuivent.