Ce mardi 7 juillet 2026, la cour d’appel de Paris rendra un jugement décisif concernant la candidature de Marine Le Pen à la présidentielle de 2027. La cheffe de file du Rassemblement national (RN) pourrait se voir interdire de se présenter à une quatrième élection consécutive, un coup dur qui pourrait entraîner la montée en puissance de son protégé, Jordan Bardella.
EN BREF
- Verdict attendu ce mardi sur l’inéligibilité de Marine Le Pen
- Jordan Bardella pourrait lui succéder si la peine est confirmée
- Le jugement pourrait avoir un impact sur la présidentielle de 2027
Le tribunal examinera non seulement la culpabilité de Marine Le Pen dans une affaire de détournement de fonds publics, mais également la durée de l’inéligibilité qui pourrait découler de cette décision. En première instance, elle avait été condamnée à cinq ans d’inéligibilité, ce qui mettrait fin à ses ambitions présidentielles avant même le début de la campagne.
Jordan Bardella, président du RN et potentiel remplaçant de Le Pen, a exprimé sa confiance face à l’incertitude. Il a affirmé que le parti avait anticipé tous les scénarios possibles et qu’il continuerait à soutenir Marine Le Pen, quelle que soit l’issue du jugement.
Un enjeu de taille pour la présidentielle
Marine Le Pen, qui a déjà échoué à deux reprises au second tour des élections présidentielles en 2017 et 2022, bénéficie de sondages favorables à l’approche de 2027. Sa stratégie de « dédiabolisation » du RN semble porter ses fruits, mais un éventuel jugement défavorable serait un coup d’arrêt à son ascension. Elle a déclaré : « Nous ne nous découragerons jamais, nous lutterons toujours, nous irons jusqu’au bout, jusqu’à la victoire », lors d’un rassemblement récent à Liévin.
La décision de la cour d’appel, attendue dans l’après-midi, pourrait marquer un tournant. Si Marine Le Pen est déclarée coupable, son éligibilité dépendra de la durée de l’inéligibilité. Une peine de deux ans ou moins lui permettrait de se présenter, mais elle a déjà exprimé des réserves quant à faire campagne avec un bracelet électronique, une option envisagée si la cour décidait d’une peine ferme.
Les implications d’un jugement défavorable
La cour a été saisie de la question de savoir si Marine Le Pen avait mis en place un système de détournement de fonds en utilisant des assistants parlementaires pour le bénéfice exclusif de son parti. En première instance, 25 prévenus avaient été reconnus coupables pour avoir créé un mécanisme de financement frauduleux entre 2004 et 2016, causant un préjudice estimé à 3,2 millions d’euros au Parlement européen.
La défense de Marine Le Pen repose sur son affirmation de bonne foi et le rejet de l’idée d’un système organisé. Toutefois, les procureurs ont présenté des arguments en faveur d’une organisation systématique des activités du parti, ce qui pourrait jouer en sa défaveur lors de la décision finale des juges.
Les réquisitions des avocats généraux ont suggéré une inéligibilité de cinq ans et une peine d’emprisonnement, dont une partie sous surveillance électronique. Ce verdict pourrait avoir des conséquences durables sur la dynamique politique du RN et sur la présidentielle à venir.
Alors que l’heure du jugement approche, l’incertitude règne, tant pour Marine Le Pen que pour Jordan Bardella. Ce dernier reste déterminé à soutenir sa mentor, prêt à prendre les rênes du parti si nécessaire. L’avenir politique de Marine Le Pen pourrait bien dépendre des décisions de la justice aujourd’hui.