Une nouvelle affaire de violences sexuelles vient de secouer les élections de mi-mandat aux États-Unis. Graham Platner, candidat progressiste du Maine, se retrouve au cœur d’accusations de viol, comme l’a révélé Politico le 6 juillet. Cette affaire pourrait avoir des conséquences désastreuses pour les ambitions des démocrates de reprendre la majorité au Sénat.
EN BREF
- Graham Platner, candidat du Maine, est accusé de viol par Jenny Racicot.
- Les démocrates envisagent de retirer leur soutien si Platner reste en lice.
- Des remplaçants potentiels pour le candidat sont déjà évoqués dans le parti.
Jenny Racicot, âgée de 41 ans, a partagé lors de plusieurs interviews ses accusations contre Platner, qu’elle décrit comme un ancien Marine et son ancien partenaire. Selon elle, en 2021, alors qu’il était ivre, il l’aurait agressée. « Je me souviens qu’il m’a saisie par le bassin et qu’il a fait preuve d’une grande brutalité à mon égard. Je me souviens du moment précis où je me suis dit : ‘Ce n’est plus mon choix' », a-t-elle déclaré.
Ce n’est pas la première fois que Racicot témoigne de sa relation avec Platner. Dans une enquête du New York Times publiée début juin, quelques jours avant la primaire démocrate, elle avait déjà évoqué des comportements inquiétants de sa part, sans aller jusqu’à accuser de viol à l’époque. Elle a décidé de parler maintenant, motivée par le témoignage d’une autre femme, Lyndsey Fifield, qui avait également accusé Platner, mais qui avait des liens avec le parti républicain.
Face à ces accusations, Graham Platner a réagi en publiant une vidéo sur les réseaux sociaux, qualifiant les allégations de « préoccupantes, graves et fausses ». Il a exprimé son intention de prendre le temps nécessaire pour réfléchir à la voie à suivre, tout en restant concentré sur son objectif de battre la républicaine sortante, Susan Collins.
Les membres de son équipe de campagne défendent Platner, arguant que ces accusations surviennent dans un contexte électoral tendu. « Les adversaires de cette campagne ont tout tenté contre Graham, le traitant de nazi, criminel de guerre et communiste. Rien de tout cela n’était vrai, et il en va de même cette fois-ci », ont-ils déclaré.
La pression monte sur Platner, qui doit prendre une décision avant le 13 juillet, date limite pour se retirer de la course. S’il choisit de rester en lice, il risque de faire fuir les électeurs, ce qui pourrait compromettre les chances des démocrates de conquérir un siège républicain au Sénat.
Ce candidat n’est pas étranger aux polémiques. En plus des accusations de violences sexuelles, il a été critiqué pour un tatouage sur sa poitrine, représentant un crâne avec des os croisés, symbole associé au nazisme. Platner a affirmé qu’il ne connaissait pas la signification de ce dessin au moment de se le faire tatouer et a depuis annoncé l’avoir recouvert.
De nombreux membres du parti démocrate, déjà sceptiques quant à son programme progressiste, ont commencé à appeler à soutenir la gouverneure du Maine, Janet Mills. Bien que cette dernière ait décidé de ne pas se représenter, la situation actuelle pourrait inciter d’autres candidats à se manifester. En effet, des noms tels que Nirav Shah et Troy Jackson circulent déjà comme possibles remplaçants.
Le comité de campagne démocrate pour le Sénat (DSCC) a annoncé qu’il retirerait son soutien financier si Platner restait candidat. Des figures influentes comme Kirsten Gillibrand et Chuck Schumer ont également exhorté Platner à se retirer immédiatement. Dans un contexte où les sondages indiquent un affrontement serré entre Platner et Collins, le témoignage de Racicot pourrait bien rebattre les cartes de cette élection.
À quelques mois des élections, l’avenir politique de Graham Platner semble incertain. Le compte à rebours est lancé, et chaque mouvement sera scruté de près, tant par ses partisans que par ses détracteurs.