Procès des streamers Naruto et Safine : lourdes peines requises après la mort de Jean Pormanove

Le procès des streamers Owen Cenazandotti, plus connu sous le nom de Naruto, et Safine Hamadi, s’est ouvert ce lundi au tribunal correctionnel de Nice. Ce dernier fait écho à la tragique mort de Jean Pormanove, un ex-militaire de 46 ans, dont le décès a secoué la communauté des streamers. Pormanove, qui avait acquis une certaine notoriété sur la plateforme Kick, a été retrouvé sans vie après une diffusion marathon de 12 jours en août 2025, soulevant de vives interrogations sur les pratiques abusives de certains influenceurs.

EN BREF

  • Owen Cenazandotti et Safine Hamadi sont accusés de violences sur Jean Pormanove.
  • Le parquet a requis des peines de prison et un bannissement numérique à vie.
  • Ce procès met en lumière les dérives du streaming et l’économie de la violence en ligne.

Lors de l’audience, le parquet a demandé une peine de 30 mois d’emprisonnement, dont 18 avec sursis, pour Naruto, ainsi qu’une amende de 30 000 euros. Safine, quant à elle, risque 18 mois de prison avec sursis et une amende de 15 000 euros. Plus marquant encore, le parquet a demandé un bannissement numérique à vie, interdisant aux deux influenceurs de publier sur les plateformes de streaming, une première dans le cadre judiciaire.

Le procès ne s’est pas concentré sur les causes médicales du décès de Jean Pormanove. Selon l’autopsie, aucune intervention extérieure n’a été établie. Néanmoins, les images diffusées au tribunal ont choqué même les enquêteurs. Les vidéos montrent Pormanove faisant face à des humiliations, des menaces et des violences, des actes qui se sont déroulés devant un public de près de 200 000 internautes.

Les témoignages ont révélé un système de maltraitance structurel, décrit par la procureure Maud Marty comme « un système de maltraitance humaine ». Les violences étaient intégrées dans le programme, devenant ainsi une source de divertissement pour les spectateurs, qui n’hésitaient pas à verser des sommes conséquentes pour voir des actes de violence en direct. Les auditions ont révélé que Pormanove avait reçu près de 140 000 euros entre 2021 et 2025, tandis que Naruto avait empoché environ 460 000 euros sur la même période, et Safine plus de 200 000 euros.

La chaîne « Lokal », animée par les deux streamers, a finalement été bannie de Kick, la plateforme ayant été sous le feu des critiques après la mort de Pormanove. Toutefois, la situation ne s’arrête pas là. En septembre 2025, le petit frère de Naruto a relancé des séances de streaming sur Twitch, suscitant de nouvelles enquêtes et la saisie de matériel.

Parallèlement, une enquête judiciaire à Paris vise désormais les dirigeants de Kick, soupçonnés d’avoir tardé à agir sur des signaux d’alerte concernant le comportement des streamers. Des mandats d’arrêt ont été requis contre certains responsables de la plateforme pour leur implication dans cette affaire.

Ce procès soulève également des questions cruciales sur la modération et la responsabilité des plateformes de streaming face à la montée de contenus violents. La mort de Jean Pormanove est devenue un symbole des dérives de l’économie numérique, où le divertissement peut parfois franchir la ligne de la décence et de la sécurité.

En somme, l’affaire Pormanove met en lumière les conséquences tragiques d’un système où l’audience et les dons peuvent primer sur l’humanité, rappelant à tous que derrière les écrans, il y a des individus dont la dignité et la vie doivent être protégées.