La question de l’âge minimum pour accéder à la conduite accompagnée refait surface avec une proposition émanant du groupe d’auto-écoles ECF (École de conduite française). Ce dernier souhaite abaisser l’âge d’éligibilité à 14 ans, s’appuyant sur des résultats d’étude d’un laboratoire dédié à l’éducation à la mobilité.
EN BREF
- Proposition d’abaissement de l’âge pour la conduite accompagnée à 14 ans.
- Des taux de réussite et de sécurité en faveur de cette méthode de formation.
- Des inquiétudes liées à la maturité des jeunes et au manque d’inspecteurs.
Selon l’étude menée par ECF, les candidats ayant suivi la conduite accompagnée présentent un taux de réussite de 75 %, contre 59 % pour ceux ayant opté pour la formation classique. De plus, les jeunes ayant bénéficié de cette formation affichent une baisse significative des accidents durant leurs premières années de conduite, estimée entre 20 à 30 % pour la première année.
Sélim, gérant d’une auto-école dans le Var, se montre très favorable à cette initiative. Il soutient que le passage du permis à 17 ans a considérablement réduit l’attrait de la conduite accompagnée. « À 14 ans, on met déjà des adolescents sur des mobilettes et des voiturettes. En conduite accompagnée, ils sont encadrés par un professionnel. Plus on apprend tôt, mieux on ancre les bons réflexes », argumente-t-il.
Bruno Poncet, chroniqueur et cheminot, partage cet avis. Il souligne qu’il serait préférable de former un jeune de 14 ans plutôt que de donner le permis à des personnes âgées qui pourraient ne plus avoir les réflexes nécessaires pour conduire en toute sécurité.
Cependant, cette proposition suscite des réticences au sein du secteur. Xavier, propriétaire de trois auto-écoles en Haute-Garonne, met en garde contre l’éventualité d’ouvrir la porte à un permis à 16 ans. Selon lui, une telle mesure entraînerait une augmentation du nombre de candidats à l’examen, sans que le nombre d’inspecteurs ne soit proportionnellement augmenté, ce qui aggraverait les délais d’attente pour passer l’examen.
Il soulève également une préoccupation majeure : la maturité des jeunes de 14 ans. « À cet âge, la notion de danger n’est pas encore bien intégrée, surtout chez les garçons », avertit-il.
Antoine Diers, également membre des GG, partage cette inquiétude. Il rappelle qu’il a été surpris par l’abaissement de l’âge à 15 ans, et considère que passer à 14 ans pourrait être dangereux, car les jeunes n’ont pas encore conscience des risques associés à la conduite.
Face à ces préoccupations, le gouvernement souhaite aborder le problème du manque d’inspecteurs de conduite. La ministre déléguée à l’Intérieur, Marie-Pierre Vedrenne, a récemment présenté 27 préconisations pour faciliter l’accès à l’examen du permis de conduire, dont le recrutement accru d’examinateurs qui devrait permettre de réduire les délais d’attente.
En somme, la proposition d’abaisser l’âge de la conduite accompagnée à 14 ans suscite un débat passionné. Entre les avantages potentiels en matière de formation et de sécurité, et les craintes quant à la maturité des jeunes conducteurs et les ressources disponibles pour les former, il semble que le sujet mérite une attention particulière des décideurs.