Des Russes déserteurs s’engagent aux côtés de l’Ukraine pour combattre le régime de Poutine

Dans un contexte de guerre en Ukraine, des Russes choisissent de se battre avec les forces ukrainiennes contre leur propre pays. Ces hommes, souvent anciens militaires, déserteurs ou prisonniers de guerre, témoignent de leur parcours atypique et de leurs motivations profondes. Deux de ces soldats, Miroslav Simonov et Denis Kapustin, partagent leurs expériences et leurs espoirs de voir un jour un changement en Russie.

EN BREF

  • Des Russes déserteurs combattent pour l’Ukraine, espérant libérer leur pays de Poutine.
  • Miroslav Simonov, un ancien agent immobilier, a décidé de déserter après avoir été témoin d’horreurs militaires.
  • Denis Kapustin, un ancien hooligan, milite pour la nécessité de poursuivre le combat face au régime russe.

En cette année 2026, Miroslav Simonov, 24 ans, se bat pour l’Ukraine au sein de la « Légion Liberté de la Russie ». Ce jeune homme, qui auparavant travaillait comme agent immobilier à Novossibirsk, n’avait jamais envisagé de participer à la guerre. Son destin a basculé lorsqu’il a été enrôlé de force dans l’armée russe lors d’un voyage à Moscou. Après une formation militaire, il a été impliqué dans une frappe de drone qui a causé la mort de civils. Ce choc l’a poussé à déserter. « Au fond de moi, je sentais que je devais le faire », confie-t-il. Il a ensuite contacté les services ukrainiens pour organiser sa fuite.

Dans ses nouvelles fonctions, Miroslav met en avant l’éthique de l’armée ukrainienne, qui selon lui, valorise ses soldats. « On considère que les individus ont de la valeur », déclare-t-il. Il souligne également le respect qu’il reçoit de ses camarades ukrainiens, qui voient en lui un allié dans la lutte contre le régime de Vladimir Poutine. « Aujourd’hui, nous défendons les intérêts de l’Ukraine, mais demain, c’est l’Ukraine qui nous aidera », assure-t-il, déterminé à retourner en Russie pour y rétablir l’ordre.

Pour Miroslav, la rupture avec ses proches en Russie est douloureuse. « Nous avons cessé de communiquer », déplore-t-il. La propagande a profondément influencé l’opinion de sa famille, qui perçoit les Ukrainiens comme des ennemis. Il souhaite leur faire comprendre que la réalité est bien différente de ce qu’ils voient à la télévision. « C’est nous, les Russes, qui bombardons les civils », déclare-t-il avec conviction.

À l’opposé de Miroslav, Denis Kapustin, 42 ans, connu sous le nom de « White Rex », a un parcours très différent. Originaire de Russie, il a émigré en Allemagne dans les années 2000, où il a embrassé une vie marquée par le hooliganisme et des activités néonazies, ce qui lui a valu une interdiction d’entrée dans l’espace Schengen. Bien qu’il se considère comme traditionaliste, sa présence au sein des forces ukrainiennes est délicate pour le gouvernement de Kiev. « Je ne crains pas la mort », déclare-t-il, conscient qu’il est sur des listes de cibles à abattre.

Kapustin ne voit pas d’avenir pacifique tant que le régime de Poutine est en place. Il prédit que le Corps des volontaires russes continuera à se préparer pour de futures opérations militaires. « Nous représenterons une menace mortelle pour ce régime », affirme-t-il avec détermination. Si certaines unités de combattants russes en Ukraine, comme la « Légion Liberté de la Russie » et le « Corps des volontaires russes », ne communiquent pas sur leurs effectifs, il est estimé qu’environ 2000 Russes et Tchétchènes sont actuellement engagés aux côtés de l’armée ukrainienne.

Ce phénomène de désertion et de combat aux côtés des Ukrainiens met en lumière une complexité des relations entre la Russie et l’Ukraine, mais aussi une volonté chez certains Russes de se libérer du joug de leur propre gouvernement. La lutte de ces hommes pour un avenir meilleur se conjugue à une quête de justice et de respect pour leur pays d’origine.