Les aliments ultra-transformés, omniprésents dans notre alimentation moderne, suscitent des inquiétudes croissantes quant à leur impact sur la santé. Une étude récente, présentée lors du Congrès international sur l’obésité, met en lumière un lien alarmant entre leur consommation et les maladies cardiovasculaires. D’après cette recherche, jusqu’à 25 % des décès dus à des affections cardiaques au Canada pourraient être attribués à une consommation élevée de ces produits.
EN BREF
- Un quart des décès par maladies cardiaques au Canada pourrait être lié aux aliments ultra-transformés.
- Une réduction de leur consommation pourrait prévenir jusqu’à 45 900 nouveaux cas de maladies cardiaques.
- Des mesures de santé publique sont suggérées pour limiter leur impact sur la santé.
Définis par la classification NOVA, les aliments ultra-transformés, qui se trouvent dans le groupe 4, subissent des transformations industrielles majeures, souvent enrichis en additifs comme des conservateurs, des colorants ou des arômes artificiels. La British Heart Foundation cite plusieurs exemples de ces produits, qui sont particulièrement consommés par les adolescents : leur part calorique atteint parfois 68 %, contre environ 56 % pour l’ensemble des Britanniques, des chiffres nettement plus élevés que ceux observés en France ou en Italie.
Les travaux de recherche, publiés dans l’American Journal of Preventive Medicine, révèlent que les événements cardiovasculaires tels que les infarctus ou les AVC pourraient être associés à une forte consommation d’aliments ultra-transformés. Estimations en main, entre 23 % et 38 % de ces événements seraient imputables à ces produits, représentant ainsi entre 58 200 et 96 000 nouveaux cas de maladies cardiovasculaires et entre 10 600 et 17 400 décès.
Des scénarios suggèrent qu’une réduction de 20 à 50 % de la consommation d’aliments ultra-transformés aurait pu éviter une large proportion de nouveaux cas de maladies cardiaques, avec une diminution estimée de 3 100 à 8 300 décès en 2019. Ce constat soulève des questions sur les effets néfastes de ces produits, qui présentent une densité calorique élevée, une forte teneur en sucres, en graisses saturées et en sodium, tout en étant pauvres en fibres.
Il est à noter que la méthodologie de cette étude a suscité des critiques. En effet, il s’agit d’une modélisation statistique qui applique des risques observés dans d’autres pays à des données canadiennes datant de 2015. Le professeur Alberto Fiore, qui s’est exprimé sur le sujet, souligne que la marge d’incertitude autour de ces estimations est considérable. De plus, il reste difficile de distinguer l’effet de la transformation industrielle de celui d’une alimentation déséquilibrée dans son ensemble.
Pour identifier un aliment ultra-transformé, il suffit de vérifier plusieurs indices : une liste d’ingrédients longue ou inconnue, la présence d’additifs et l’absence d’aliments bruts facilement reconnaissables. Parmi les produits les plus courants, on trouve les snacks, plats préparés, desserts industriels, sodas et soupes instantanées.
Réduire notre exposition à ces aliments nécessite souvent des ajustements simples dans nos habitudes alimentaires. Les auteurs de l’étude encouragent également à envisager des interventions de santé publique à grande échelle. Cela pourrait inclure des politiques telles que la taxation, un étiquetage nutritionnel plus visible sur les emballages, des restrictions de marketing et des objectifs d’amélioration des recettes industrielles.
La prévention des décès liés à l’alimentation ne passe pas uniquement par des choix individuels, mais également par des enjeux collectifs qui touchent à la réglementation, à l’éducation et au système agroalimentaire. Bien que le rôle des aliments ultra-transformés dans l’épidémie de maladies cardiaques mérite d’être approfondi, ces résultats mettent en avant la nécessité de surveiller leur place dans notre alimentation.