Google sanctionné de 890 millions d’euros par l’UE pour abus de position dominante

Ce jeudi 26 octobre 2023, l’Union européenne a infligé une amende record de 890 millions d’euros à Google. Cette décision fait suite à des violations des règles de concurrence sur le marché de la recherche en ligne et dans l’application Google Play. Cette sanction constitue la plus élevée jamais prononcée par Bruxelles dans le cadre du règlement sur les marchés numériques (DMA), une législation européenne qui vise à limiter les abus des grandes entreprises technologiques.

EN BREF

  • Google sanctionné de 890 millions d’euros pour abus de position dominante.
  • Amende record en vertu du règlement sur les marchés numériques de l’UE.
  • Washington pourrait réagir suite à cette décision, jugée discriminatoire.

Cette amende se décompose en deux parties : 460 millions d’euros pour avoir favorisé ses propres services, tels que les comparateurs de prix et d’hôtels, dans les résultats de recherche de Google Search, et 430 millions d’euros pour avoir empêché les développeurs utilisant son Play Store d’orienter les clients vers d’autres plateformes de vente. Cette pratique, désignée sous le terme de « anti-steering », est prohibée par la législation européenne.

Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission européenne en charge du Numérique, a déclaré que cette décision visait à « garantir un terrain de jeu équitable » pour toutes les entreprises en ligne. En revanche, Google a vivement contesté cette amende, avertissant qu’elle pourrait dégrader les services plébiscités par les utilisateurs en Europe. Kent Walker, président des affaires mondiales de Google, a exprimé son indignation : « Pour nous y conformer, nous devons retirer des fonctionnalités de recherche en temps réel que les Européens apprécient, comme l’affichage des prix instantanés. »

Cette sanction, bien qu’elle ne représente que 0,22 % du chiffre d’affaires mondial de Google, pourrait raviver les tensions entre l’Union européenne et les États-Unis. L’administration Trump a déjà exprimé ses préoccupations quant à une réglementation qui semble cibler les entreprises américaines. En réponse à cette amende, 25 membres républicains du Congrès ont écrit au président américain, demandant des mesures de rétorsion contre l’UE si elle continuait à adopter des lois jugées discriminatoires.

Teresa Ribera, responsable de la Concurrence au sein de la Commission, a souligné la nécessité de respecter les lois adoptées par l’UE, insistant sur le fait que cette amende ne devrait pas servir de prétexte à des représailles de la part des États-Unis. Bernd Lange, eurodéputé allemand, a également mis en garde : « Ce qui est interdit hors ligne doit l’être aussi en ligne. »

Google a déjà pris des mesures pour se conformer au DMA et devra respecter cette décision dans un délai de 60 jours, sous peine de faire face à des amendes supplémentaires. Auparavant, d’autres géants de la technologie, comme Apple et Meta, avaient été sanctionnés par Bruxelles, mais pour des montants inférieurs, respectivement 500 millions et 200 millions d’euros.

Alors que l’Union européenne continue de renforcer son cadre réglementaire pour encadrer les pratiques des entreprises technologiques, cette amende contre Google pourrait marquer un tournant dans les relations commerciales entre l’Europe et les États-Unis, notamment dans le domaine du numérique. Les discussions sur la concurrence et la réglementation des grandes entreprises technologiques sont plus que jamais d’actualité.