Alors que les incendies ravagent une partie de la France, les pilotes de Canadair expriment leur colère face à l’insuffisance des moyens aériens mobilisés pour lutter contre les flammes. Cette situation, particulièrement préoccupante en Gironde, dans les Landes et le Var, soulève de nombreuses questions sur l’efficacité de l’intervention aérienne.
EN BREF
- Les pilotes de Canadair dénoncent le manque de moyens face aux feux de forêt.
- Sur 12 Canadair, seuls 5 étaient opérationnels récemment, rendant l’intervention inefficace.
- Le ministre de l’Intérieur conteste les critiques et défend l’augmentation des budgets alloués aux moyens aériens.
Le 25 juillet dernier, Grégory Prats, chef de noria, a alerté sur la situation critique des moyens aériens. Il a déclaré : « On se retrouve avec des norias, des patrouilles d’avions, qui sont insuffisantes, c’est-à-dire deux avions pour un feu, et c’est très insuffisant. » Éric Durand, pilote et secrétaire général adjoint du Syndicat national du personnel navigant de l’aéronautique civile, a également souligné que seulement cinq des douze Canadair disponibles en France étaient opérationnels, tandis que deux d’entre eux étaient mobilisés en Corse.
Les pilotes estiment que cette situation est alarmante, car elle rend l’action des Canadair « pratiquement totalement inefficace ». En effet, ils suggèrent que quatre Canadair devraient être déployés sur un seul feu pour une intervention optimale. Éric Durand attribue également cette insuffisance à des problèmes de maintenance, indiquant que le prestataire privé chargé de la maintenance ne parvient pas à suivre le rythme des interventions, entraînant des retards dans la disponibilité des avions.
Le vieillissement de la flotte de Canadair est un autre point de préoccupation. Un rapport déposé en juillet 2025 par des députés a révélé que l’âge moyen des appareils était de 30 ans. Cette situation soulève des interrogations quant à la capacité de la France à faire face à une année marquée par des incendies de forêt d’une ampleur exceptionnelle.
Le déploiement de l’A400M, un avion capable de larguer l’équivalent de trois Canadair en volume d’eau, a également été critiqué par les pilotes. Ils estiment qu’il s’agit davantage d’une « opération de communication » que d’une solution efficace face aux feux. Bien que cet avion puisse apporter une grande quantité d’eau d’un coup, il nécessite un temps de rotation long en raison de la nécessité de regagner une base militaire pour se réapprovisionner.
Emmanuel Macron a tenté de répondre à ces critiques en affirmant avoir « relancé la production de Canadair » depuis son arrivée à l’Élysée. Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, a également défendu les moyens aériens en place, rejetant les accusations de manque de ressources. Selon lui, la flotte aérienne a été multipliée par deux au cours des dernières années, avec des budgets également en augmentation.
Cependant, les critiques des pilotes ont trouvé un écho dans les discours de l’opposition. La députée LFI Aurélie Trouvé a affirmé que les coupes budgétaires du gouvernement avaient gravement affecté la capacité à lutter contre les incendies. Éric Ciotti, maire UDR de Nice, a également dénoncé le manque de priorisation des moyens aériens dans la lutte contre les feux.
Alors que la France a récemment commandé deux Canadair supplémentaires devant être livrés en 2032 ou 2033, les pilotes de Canadair continuent de se battre pour obtenir les moyens nécessaires pour faire face à la menace croissante des incendies de forêt. La situation actuelle soulève des questions cruciales sur la gestion des ressources aériennes et la sécurité des zones touchées.