La démence, touchant environ 55 millions de personnes à travers le monde, devient de plus en plus préoccupante avec le vieillissement de la population. Dans un contexte où il n’existe pas de traitement curatif, la prévention joue un rôle crucial. Une étude australienne récente révèle que l’écoute de la musique pourrait réduire le risque de démence de 39 % chez les personnes âgées. Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives sur la protection cognitive des seniors.
EN BREF
- Une étude australienne montre que la musique réduit le risque de démence de 39 %.
- Les seniors qui jouent d’un instrument voient leur risque diminuer de 35 %.
- Les résultats pourraient influencer les recommandations pour la prévention du déclin cognitif.
La prévalence des maladies neurodégénératives, telles qu’Alzheimer, augmente avec l’âge. Selon La Provence, il est essentiel d’identifier des stratégies pouvant prévenir ou retarder l’apparition de la démence. Les approches traditionnelles incluent des activités telles que les jeux cognitifs, la lecture, ou encore les sorties culturelles. Cependant, l’écoute de la musique pourrait désormais s’ériger en un outil de prévention majeur.
L’étude, parue en octobre 2025 dans le International Journal of Geriatric Psychiatry, a suivi 10 893 personnes âgées de 70 ans et plus pendant dix ans. Les résultats sont significatifs : les participants qui écoutaient de la musique presque tous les jours avaient un risque de démence réduit de 39 % comparé à ceux qui n’écoutaient que rarement. De plus, ceux qui jouaient d’un instrument présentaient une diminution de 35 % de ce même risque.
La Pr Joanne Ryan, chercheuse principale de l’étude, souligne que les seniors mélomanes obtiennent également de meilleurs résultats lors des tests de mémoire et de performances cognitives. Par exemple, une femme de 75 ans qui écoute de la musique chaque matin tout en préparant son petit-déjeuner stimule sa mémoire épisodique. Cette activité quotidienne contribue à un meilleur état mental en réduisant le stress et en stabilisant l’attention, ce qui retarde le déclin cognitif.
Bien que l’étude soit d’observation et ne prouve pas un lien de causalité, plusieurs mécanismes biologiques pourraient expliquer cette corrélation. En effet, la musique active de nombreuses régions du cerveau, favorisant ainsi la plasticité neuronale. Elle stimule la mémoire épisodique, souvent affectée en cas de maladie d’Alzheimer, et réduit le stress, influençant positivement l’humeur et les fonctions cognitives.
En France, la musique est déjà intégrée dans des soins en oncologie et en soins palliatifs, où elle améliore la gestion de la douleur et l’anxiété. Si l’écoute régulière de la musique s’avère confirmée comme un facteur protecteur, elle pourrait être recommandée officiellement pour les plus de 70 ans. Facilement accessible, peu coûteuse et sans effets secondaires, cette habitude pourrait enrichir les programmes de prévention du déclin cognitif. Les chercheurs envisagent à présent d’approfondir leurs travaux pour vérifier si la musique peut réellement retarder l’apparition de la démence.
La question demeure : la musique prévient-elle vraiment la démence ? Bien que l’étude australienne indique qu’écouter de la musique régulièrement est lié à une réduction de 39 % du risque de démence, il convient de préciser qu’il s’agit d’une corrélation, et non d’une preuve de causalité.
Une autre interrogation se pose concernant les styles musicaux : l’étude n’a pas évalué les genres musicaux spécifiques, mais les chercheurs suggèrent que l’essentiel réside dans la stimulation cognitive, quel que soit le type de musique choisi. Par ailleurs, jouer d’un instrument semble également bénéfique, bien que les données indiquent une réduction du risque de 35 %, un effet proche de celui observé avec l’écoute quotidienne.
Cette étude ouvre des horizons prometteurs pour la prévention de la démence. En intégrant la musique dans les habitudes quotidiennes des seniors, il pourrait être possible de favoriser leur bien-être cognitif et émotionnel.