La France appelle Israël à agir contre les violences envers les Palestiniens à Qusra

Le 14 août, le ministère français des Affaires étrangères a exprimé sa préoccupation face à la situation alarmante dans le village de Qusra, en Cisjordanie. Depuis plusieurs jours, des habitations palestiniennes y sont assiégées par des colons israéliens, entravant l’accès à des ressources essentielles pour les habitants.

EN BREF

  • La France exige la fin des violences israéliennes à Qusra.
  • Des colons bloquent l’accès à des maisons palestiniennes depuis plusieurs jours.
  • Des militants israéliens apportent de l’aide aux familles en détresse.

Dans son communiqué, le Quai d’Orsay a condamné avec la plus grande fermeté les actes d’occupation et les violences envers les civils palestiniens. Paris appelle Israël à protéger la population civile, comme il en a l’obligation en vertu du droit international. Cette prise de position intervient alors que la tension monte dans la région, exacerbée par les récentes actions des colons.

Depuis le dimanche précédent, des dizaines de colons israéliens bloquent l’accès à des maisons dans le village, situé près de Naplouse. Les habitants palestiniens signalent être coupés de tout approvisionnement en vivres et en services essentiels. La situation est devenue critique, certains étant dans l’incapacité de se procurer de la nourriture ou des médicaments.

Ce vendredi, une journaliste de l’agence de presse AFP a observé que des colons avaient érigé une tente près de l’une des maisons bloquées, ce qui a conduit à l’intervention de l’armée israélienne sur les lieux. Bien que la tente ait été démontée plus tard dans la matinée, la présence des colons continue de peser sur le quotidien des habitants de Qusra.

Pour contrer cette situation, une mobilisation a eu lieu : des militants de gauche israéliens ont manifesté en apportant des provisions aux familles assiégées. Ils ont brandi un drapeau palestinien et des pancartes réclamant « Justice pour tous ». Parmi eux, le député Ofer Cassif, qui a annoncé que l’aide avait été distribuée après inspection par l’armée.

Anton Goodman, directeur de l’ONG Rabbins pour les droits humains, a qualifié cette initiative de « acte de solidarité », soulignant la nécessité d’éveiller les consciences face à une violation inacceptable des droits humains à Qusra et dans d’autres régions de la Cisjordanie.

En réponse à ces tensions, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a déclaré avoir donné des instructions à l’armée pour préparer un plan de transfert des responsabilités de maintien de l’ordre aux forces de police pour les colons. Actuellement, ces compétences sont sous contrôle militaire en raison de l’occupation de la Cisjordanie.

La colonisation en Cisjordanie a été une réalité persistante depuis 1967, s’accélérant particulièrement depuis l’entrée de l’extrême droite dans le gouvernement israélien fin 2022. Plus de 500 000 Israéliens résident dans des colonies jugées illégales par le droit international, côtoyant environ trois millions de Palestiniens.

Il est à noter que plusieurs ministres du gouvernement de Benjamin Netanyahu plaident ouvertement pour l’annexion de la Cisjordanie, une perspective qui, selon les médias israéliens, ne sera pas concrétisée avant les élections législatives du 27 octobre, qui s’annoncent très disputées.

La situation à Qusra illustre les tensions persistantes dans la région, où le quotidien des Palestiniens est de plus en plus affecté par les actions des colons israéliens. L’appel de la France pourrait représenter un tournant dans la manière dont les puissances internationales abordent ce conflit vieux de plusieurs décennies.