Rentrée scolaire : l’Unicef tire la sonnette d’alarme sur l’augmentation des enfants à la rue

À quelques jours de la rentrée scolaire, l’Unicef et la Fédération des acteurs de la solidarité révèlent une triste réalité : le nombre d’enfants vivant dans la rue continue d’augmenter. Dans leur baromètre « Enfants à la rue », publié le 26 août, ces deux organismes dénoncent l’échec des gouvernements successifs à tenir leur engagement de « ne plus avoir aucun enfant à la rue ».

EN BREF

  • Au moins 2 355 enfants sont sans solution d’hébergement en France.
  • Cette situation a augmenté de 9 % par rapport à l’année dernière.
  • Les organisations appellent à des actions politiques urgentes pour résoudre ce problème.

Selon les données du baromètre, « au moins 2 355 enfants – dont 514 de moins de trois ans – sont restés sans solution d’hébergement à la suite de l’appel de leurs parents au 115 ». Ce chiffre représente une augmentation alarmante de 9 % par rapport à la rentrée précédente et de 42 % par rapport à 2022. À cette époque, le gouvernement avait pourtant réaffirmé son objectif de « zéro enfant à la rue ».

Les chiffres fournis par l’Unicef et la Fédération des acteurs de la solidarité ne sont cependant pas exhaustifs. De nombreux parents ne parviennent pas à joindre le 115 ou choisissent de ne pas appeler. De plus, les mineurs non accompagnés sans abri, ainsi que les familles vivant dans des squats ou des bidonvilles, ne sont pas comptabilisés dans ces statistiques.

Cette situation dramatique touche toutes les régions de France et a des conséquences désastreuses. En 2025, 14 enfants de moins de 4 ans et 12 adolescents âgés de 15 à 18 ans sont décédés dans la rue, selon le collectif Les Morts de la rue. Ce décompte met en lumière l’urgence d’agir face à cette crise humanitaire.

L’Unicef et la Fédération soulignent que la « saturation chronique des dispositifs d’hébergement » contribue à l’augmentation du sans-abrisme parmi les mineurs. Toutefois, pour Adeline Hazan, présidente de l’Unicef France, et Pascal Brice, président de la Fédération des acteurs de la solidarité, il est encore possible d’inverser cette tendance. Ils réclament une augmentation immédiate du nombre de places d’hébergement et la mise en œuvre d’une politique pluriannuelle “de la rue au logement”, dotée de moyens suffisants pour garantir des conditions de vie dignes pour tous les enfants et leurs familles.

Adeline Hazan et Pascal Brice interpellent les candidats à l’approche de l’élection présidentielle, soulignant que « aucun projet pour la France ne peut ignorer la réalité des enfants qui vivent dans la rue ». Ils insistent sur le fait que la lutte contre le sans-abrisme est avant tout une question de volonté politique. « Nous pouvons et devons agir », concluent-ils, appelant à une mobilisation collective pour protéger les plus vulnérables.

Face à cette situation alarmante, il est crucial d’agir rapidement pour garantir un avenir meilleur aux enfants sans abri. La rentrée scolaire ne doit pas être une occasion de plus de souffrance pour ceux qui n’ont pas de foyer.