Dépistage du cadmium : modalités et conséquences d’un test positif

Le cadmium, un métal lourd aux effets néfastes sur la santé, est un sujet d’inquiétude croissant en France. En effet, les Français sont exposés à des niveaux de cadmium trois fois plus élevés que ceux observés dans d’autres pays européens. Cette situation est principalement due à l’utilisation d’engrais agricoles contenant de fortes concentrations de ce métal, qui se retrouve dans les sols et les eaux. La contamination s’effectue principalement par l’alimentation, à travers le transfert vers les végétaux et la viande. Les conséquences sur la santé peuvent être graves, engendrant des problèmes rénaux, osseux, neurologiques, ainsi que des risques de cancer.

EN BREF

  • Le dépistage du cadmium est désormais remboursé pour les personnes exposées.
  • Les tests incluent un dosage urinaire suivi d’un dosage sanguin si nécessaire.
  • Une supplémentation peut être recommandée pour réduire l’absorption du cadmium.

Depuis le 16 juin dernier, le dépistage du cadmium est remboursé par l’Assurance maladie pour certaines personnes, comme l’explique le Dr Pierre Souvet, cardiologue et président de l’association Santé Environnement France (ASEF). Ce dépistage s’adresse principalement aux individus vivant dans des zones à forte exposition au cadmium, telles que celles où les sols sont contaminés, comme l’indique la carte publiée par le Gis Sol. La décision de prescrire un dépistage revient au médecin, qui doit évaluer les risques associés à chaque patient.

Les risques d’intoxication dépendent également des habitudes alimentaires. La consommation de produits particulièrement contaminés, tels que les céréales (pain, blé), les légumes à feuilles, les pommes de terre, certains abats, ainsi que les fruits de mer pêchés dans des zones polluées, peut augmenter l’exposition au cadmium. De plus, le tabagisme constitue une autre source significative d’exposition à ce métal.

Un autre facteur de risque à prendre en compte est la présence de carences en fer, zinc et calcium, qui peuvent accroître l’absorption et la toxicité du cadmium. Le dépistage se déroule en deux étapes : le premier test consiste en un dosage urinaire, appelé cadmiurie. Si les résultats indiquent une concentration élevée, un dosage sanguin, ou cadmiémie, est alors réalisé. Chaque test est facturé 27,50 euros, remboursé à 60 % par l’Assurance maladie, le reste étant couvert par la complémentaire santé, entraînant un reste à charge de 2 euros.

Pour les jeunes de moins de 21 ans, le taux de cadmiurie doit être inférieur à 0,3 µg/g de créatinine, tandis qu’il doit être en dessous de 1 µg/g de créatinine pour les personnes de plus de 51 ans. Ces seuils, qui constituent des marqueurs rénaux révélateurs de l’imprégnation, permettent de déterminer la nécessité d’une recherche de carences en fer, zinc et calcium. En cas de dépassement de ces niveaux, une supplémentation peut être proposée afin de limiter l’absorption intestinale du cadmium, et donc sa pénétration dans l’organisme.

Un taux élevé de cadmium dans l’organisme nécessite également une surveillance renforcée et un dépistage des pathologies associées, telles que les maladies cardiovasculaires, les troubles osseux, les pathologies rénales et certains cancers. Pour ceux qui s’inquiètent de leur exposition, l’association Santé Environnement France propose un Kit Cadmium, qui fournit des conseils pratiques pour limiter l’exposition au cadmium dans l’alimentation et l’environnement.