Une nouvelle étape dans le scandale du périscolaire à Paris. Ce vendredi 4 septembre, un groupe de 17 familles a décidé de porter plainte contre la Ville de Paris, ainsi que contre son actuel maire, Emmanuel Grégoire, et son prédécesseur, Anne Hidalgo. Ces familles, regroupées au sein de l’association MeTooEcole, dénoncent des violences et atteintes sexuelles subies par leurs enfants dans le cadre des activités périscolaires.
EN BREF
- 17 familles portent plainte contre la Ville de Paris pour violences dans le périscolaire.
- Les plaintes visent Emmanuel Grégoire, Anne Hidalgo et d’autres responsables.
- Plus de 200 enquêtes pénales sont en cours sur des affaires similaires.
Ces familles, dont les enfants fréquentent des écoles des IXe, XIe et XVe arrondissements, demandent à la justice d’examiner le rôle des responsables municipaux face aux dysfonctionnements signalés. La plainte a été déposée par un collectif d’avocats, incluant Mes Maxime Delacarte, Élise Le Gall, Julia Basile et Kathleen Taieb, auprès du parquet de Paris.
La plainte cible plusieurs acteurs clés, dont Emmanuel Grégoire, Anne Hidalgo et Patrick Bloche, ancien adjoint chargé des affaires scolaires. Au-delà des plaintes individuelles déjà déposées contre des animateurs soupçonnés d’agressions, ce recours judiciaire vise directement la municipalité en tant qu’organisateur et gestionnaire du temps périscolaire dans les établissements scolaires.
Des accusations graves
Sur le plan pénal, les plaignants évoquent des accusations sérieuses telles que la mise en danger délibérée d’autrui, la non-assistance à personne en danger, et la non-dénonciation d’infraction. Les faits allégués concernent des enfants âgés de 2 à 4 ans, ce qui renforce la gravité de la situation.
Les familles affirment que la Ville de Paris et ses responsables ont été informés des dysfonctionnements grâce à des signalements, ce qui inclut des alertes documentées. Pourtant, ces signalements n’auraient pas conduit à des mesures adéquates, comme la suspension des agents impliqués ou l’information des familles affectées.
Les plaignants soutiennent que les responsables municipaux étaient conscients du risque systémique existant, notamment depuis le printemps 2025, lorsque les premières affaires d’agressions ont été révélées. Au cours de cette période, Emmanuel Grégoire, après avoir été adjoint d’Anne Hidalgo pendant dix ans, a quitté son poste pour devenir député.
Un contexte préoccupant
Le nombre d’animateurs suspendus pour des faits à caractère sexuel est révélateur. En 2025, 20 animateurs avaient été suspendus, et ce chiffre a grimpé à 52 depuis le début de l’année 2026. Cela suggère une prise de conscience au plus haut niveau de l’exécutif municipal concernant l’ampleur du phénomène.
Les plaignants estiment que les autorités n’ont pas pu ignorer la gravité des risques encourus par les enfants et auraient dû mettre en œuvre, sans délai, des mesures de protection. Ils dénoncent ce qu’ils appellent une « omerta systémique » au sein de la Ville de Paris, comme l’a indiqué Barka Zerouali, porte-parole de MeTooEcole.
Par ailleurs, il est à noter qu’Anne Hidalgo et Patrick Bloche sont déjà directement visés par d’autres plaintes, déposées fin août par des familles d’élèves de l’école Saint-Dominique. L’avocat d’Hidalgo, Patrick Klugman, a réagi en affirmant qu’il n’y avait jamais eu de défaillance ni d’inaction de la part de la maire de Paris.
Pour faire face à cette crise, la Ville de Paris a engagé un plan d’action de 20 millions d’euros pour lutter contre les violences sexuelles dans le périscolaire. Dans ce cadre, Anne Hidalgo et ses collaborateurs doivent également se présenter à une commission d’enquête du Sénat, prévue pour mi-septembre, afin d’évaluer les violences dans le périscolaire à l’échelle nationale.
Enfin, le contexte reste tendu, avec 132 animateurs suspendus depuis le début de l’année 2026, dont 52 pour des suspicions de violences sexuelles ou sexistes. Plus de 200 enquêtes pénales sont actuellement en cours dans les écoles et crèches de la capitale, témoignant d’une situation préoccupante qui nécessite une attention urgente.