Ce samedi sur RMC, Jean-Marie Fabre, président des Vignerons indépendants, a dressé un constat alarmant concernant la viticulture en France. Il a évoqué une baisse significative de la production liée aux conditions climatiques extrêmes, notamment une sécheresse prolongée qui touche même des régions historiquement moins affectées. « Nous avons vécu quatre mois de sécheresse inédite », a-t-il déclaré, mettant en lumière des vendanges atypiques.
EN BREF
- Production viticole française en baisse de 6% par rapport à 2025.
- La récolte pourrait atteindre moins de 34 millions d’hectolitres, la plus faible depuis 1957.
- Un plan gouvernemental d’arrachage de vignes impacte les surfaces cultivées.
Jean-Marie Fabre a souligné que les canicules successives ont eu un impact direct sur la santé des vignes. « La plante a beaucoup souffert, les baies se sont vidées de leur contenu, c’est-à-dire l’eau qu’elles contenaient », a-t-il décrit. Cette situation est préoccupante, car elle entraîne une réduction du volume de production, estimée à des niveaux historiquement bas. Selon le service des statistiques du ministère de l’Agriculture (Agreste), la production viticole pourrait ne pas dépasser 34 millions d’hectolitres, ce qui représente une diminution de 6% par rapport à la récolte de 2025.
Cette année, la production pourrait atteindre son plus bas niveau depuis 1957, une tendance qui s’inscrit dans une série de récoltes limitées. « On en est à la quatrième récolte de très très faible quantité sur les sept dernières années », a déploré le président des Vignerons indépendants. Il a également noté que cette situation met en exergue l’impact du réchauffement climatique sur le secteur viticole.
Au-delà des conditions climatiques, la superficie des vignes en production a également diminué de 2,5% sur une année. Cette réduction est en partie due à un plan gouvernemental visant à soutenir l’arrachage de vignes, avec près de 6 000 demandes d’aide enregistrées, surtout en provenance de régions comme le Bordelais, le Sud-Ouest et l’Occitanie.
Malgré cette chute de la production, Jean-Marie Fabre a tenu à rassurer sur la qualité des vins. « Une production viticole plus faible en quantité comporte énormément d’intérêt en termes de qualité », a-t-il affirmé, soulignant que le manque de pluviométrie réduit également la pression des maladies cryptogamiques, ce qui permet d’obtenir un état sanitaire des vignes « remarquable ».
Une autre nouveauté notable est l’obtention par le Comité Champagne d’une dérogation temporaire de l’Institut national de l’origine et de la qualité (Inao), permettant la commercialisation de bouteilles de champagne avec un taux d’alcool dépassant 13%. Cette décision pourrait avoir des implications sur le marché, mais Fabre reste optimiste : « Je ne pense pas que cela entraînera une augmentation des prix ». Il a signalé que, malgré une hausse de 30% des charges de production au cours des quatre ou cinq dernières années, le prix à la consommation n’a augmenté que de 1 ou 2% maximum.
La situation actuelle des vignerons indépendants est donc un reflet des défis auxquels fait face l’industrie viticole française. Entre les aléas climatiques et les décisions gouvernementales, les acteurs du secteur doivent naviguer dans un environnement de plus en plus complexe. La qualité des vins pourrait être préservée, mais la quantité reste une préoccupation majeure pour l’avenir de la viticulture en France.