Le gouvernement envisage d’élargir l’aide aux automobilistes face à la flambée des prix

La hausse continue des prix des carburants en France suscite une inquiétude croissante parmi les automobilistes. Selon les données de Carbu.com, publiées ce lundi, le prix moyen du litre de diesel atteint 2,38 €, tandis que le SP95-E10, le carburant le plus vendu dans l’hexagone, se situe à 2,18 €. Face à cette situation préoccupante, le gouvernement se prépare à mettre en place des aides spécifiques pour les particuliers, tout en prolongeant les dispositifs d’aide pour les secteurs professionnels les plus touchés.

EN BREF

  • Le prix du diesel atteint 2,38 € et celui de l’essence 2,18 € en moyenne.
  • Des réunions gouvernementales se tiennent pour discuter de l’aide aux automobilistes.
  • Une aide supplémentaire pourrait être mise en place dès le 1er octobre.

Ce lundi 21 septembre, deux réunions cruciales se tiennent au sein du gouvernement. La première, qui se déroule en fin de matinée à Matignon, rassemble une dizaine de ministres, dont ceux de l’Intérieur et des Armées. Leur objectif est de suivre de près les stocks et les transports de carburants, alors qu’environ 15 % des stations-service manquaient déjà de carburant ce dimanche.

Dans l’après-midi, le ministre de la Transition énergétique, Sébastien Lecornu, présidera une seconde réunion, cette fois avec les ministres du ministère de l’Économie. Cette rencontre vise à élaborer des mesures d’accompagnement pour les Français face à la flambée des prix. Le Premier ministre a insisté sur la nécessité de propositions à court et moyen terme, en soulignant que « la crise peut durer ». Les marges financières du gouvernement étant réduites, l’entourage de Matignon a précisé que les options doivent être soutenables budgétairement.

À l’issue de ces réunions, une annonce pourrait être faite concernant un « nouveau dispositif d’aide » destiné aux Français les plus précaires. Cela a été confirmé par Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, qui a évoqué la possibilité de mesures dès le 1er octobre. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a également exprimé son souhait de prolonger l’aide « grands rouleurs », permettant à ceux qui en ont déjà bénéficié de la toucher à nouveau.

Les témoignages des automobilistes témoignent de l’urgence de la situation. Une auditrice, Fabienne, a partagé son expérience : « Je suis au Smic, je fais 36, 45 heures par semaine plus des heures supplémentaires pour dépasser le Smic ! Une fois que j’ai payé mon loyer, les factures et l’essence, il ne me reste plus rien pour vivre. » De nombreux automobilistes appellent à un élargissement de l’aide « grands rouleurs », qui ne couvre actuellement qu’un nombre limité de ménages. « Il faudrait élargir l’aide à tous les grands rouleurs, peu importe les ressources », affirme un automobiliste sur RMC.

Actuellement, l’aide de 100 € correspond à 20 centimes par litre pendant six mois et s’applique aux travailleurs sous conditions de ressources, utilisant un véhicule thermique ou hybride non rechargeable pour des déplacements professionnels. Ces derniers doivent parcourir au moins 15 km par trajet domicile-travail ou 8 000 km par an pour être éligibles.

Gérard, un bénéficiaire de cette aide, a cependant renoncé à faire la demande en raison de la complexité des démarches. « C’est un peu une usine à gaz pour obtenir le droit d’en bénéficier », a-t-il déclaré sur RMC Story, ajoutant que l’aide est minime par rapport à ses dépenses. « Cela ne va pas m’apporter grand-chose, là j’ai payé 121,75 € pour 54 litres, soit un plein, ça fait mal. »

Face à cette situation, l’association Familles rurales plaide pour un doublement de l’aide et une augmentation du plafond de revenus pour qu’un plus grand nombre de Français puisse en bénéficier. Jean-Baptiste Baud, directeur des relations institutionnelles de l’association, a exprimé la nécessité de mettre en œuvre ces mesures dès le 1er octobre.

Le gouvernement est donc sous pression pour agir rapidement et efficacement afin de soutenir les automobilistes qui souffrent de la flambée des prix des carburants. L’avenir des aides dépendra des résultats des réunions en cours et des propositions qui seront formulées pour répondre à cette crise sans précédent.