Ce mardi 29 septembre, Paris a été le théâtre d’une importante manifestation regroupant environ 8000 sapeurs-pompiers. Organisée à l’initiative de plusieurs syndicats, cette mobilisation visait à exprimer leur colère et leurs revendications face à un gouvernement qu’ils jugent insensible à leurs besoins. Accompagnés de pétards et de chants, ces professionnels du secours ont fait entendre leur voix dans une ambiance sonore et déterminée.
EN BREF
- 8000 pompiers ont manifesté à Paris pour revendiquer des moyens matériels et humains.
- Les syndicats estiment que 50 % des pompiers étaient en grève, en désaccord avec les chiffres officiels.
- Ils réclament un financement durable pour les services de secours et une révision de leurs missions d’urgence.
Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte où la profession a été particulièrement éprouvée par un été 2026 marqué par des feux de forêt sans précédent, ayant ravagé presque 100 000 hectares en France. Les pompiers ont souligné que ces événements tragiques mettent en lumière un manque de ressources, tant matérielles qu’humaines, pour répondre efficacement à de telles crises.
Selon les chiffres avancés par la direction de la sécurité civile, 4903 pompiers professionnels étaient déclarés grévistes ce jour-là, représentant environ 13,6 % des 44 000 pompiers professionnels. Cependant, les syndicats contredisent cette estimation, affirmant que près de 50 % des effectifs étaient en grève. Cette différence de chiffres souligne une tension persistante entre le gouvernement et les syndicats concernant la reconnaissance des difficultés rencontrées par les pompiers.
Les pompiers espèrent que cette action de grande envergure incitera le gouvernement à prendre des mesures concrètes avant l’examen, prévu cet automne, d’un projet de loi sur la modernisation de la Sécurité civile. De plus, ils anticipent le vote du Budget 2027, qui pourrait avoir un impact significatif sur leurs ressources. Les pompiers demandent un financement pérenne pour les Services départementaux d’incendie et de secours (Sdis), dont les dépenses de fonctionnement ont considérablement augmenté, passant de 3,9 milliards d’euros en 2012 à 5,2 milliards en 2025.
Les missions des pompiers ont aussi évolué, avec une demande croissante pour des interventions d’urgence. Ils souhaitent un « recentrage » de leurs activités sur les secours et soins d’urgence aux personnes, qui représentent plus de 4,89 millions d’interventions en 2025, soit 87 % de leur charge de travail.
Une mission parlementaire a été mandatée en urgence suite aux mégafeux de cet été dans le Sud-Ouest. Dans son rapport, remis récemment au Premier ministre Sébastien Lecornu, elle a noté un manque de mesures concrètes. Ce dernier a cependant annoncé un budget de 200 millions d’euros destiné aux services départementaux, une somme que certains, comme le syndicaliste Xavier Boy, jugent insuffisante face à l’ampleur des défis à relever.
Dans ce climat tendu, les pompiers continuent de se battre pour obtenir les moyens nécessaires à l’exercice de leurs missions. La persistance de leurs revendications témoigne de l’urgence d’une réforme qui prenne en compte leurs réalités quotidiennes et leurs besoins en ressources.