Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a fermement condamné les violences qui ont marqué une nouvelle journée de mobilisation des lycéens, ce mardi. Il a signalé que « au moins 10 personnels » avaient été blessés, ainsi que plusieurs élèves, dont un enseignant victime de coups et un proviseur touché par un tir de mortier.
EN BREF
- Édouard Geffray dénonce des violences inqualifiables lors des blocages lycéens.
- 41 interpellations ont eu lieu dans le Rhône, avec plusieurs blessés.
- Des dégradations évaluées à près d’un million d’euros en Île-de-France.
Dans son message sur X, anciennement Twitter, le ministre a déclaré : « Les poursuites judiciaires contre ces agissements sont engagées. Ces violences sont inqualifiables. Les légitimer ou appeler à étendre les blocages, c’est mettre en danger nos élèves comme les agents publics. C’est irresponsable. »
La préfecture du Rhône a, quant à elle, reporté le nombre total d’interpellations à 41, et a confirmé que tous les blocages avaient été levés en début d’après-midi. Dans le même temps, dans les Alpes-Maritimes, 18 lycées ont été impactés par des blocages, avec une mobilisation particulièrement forte à Nice, où sept établissements étaient concernés. Les forces de l’ordre ont procédé à une cinquantaine d’interpellations, dont 34 ont abouti à des gardes à vue.
Au lycée Paul-Éluard à Saint-Denis, des tensions ont éclaté après qu’une interpellation, jugée injustifiée par les élèves, ait provoqué une réaction en chaîne. Ce mouvement de foule a été rapporté par le député LFI Éric Coquerel, qui a évoqué des violences policières lors de l’événement. Des journalistes de BFMTV ont également été agressés, ce qui a conduit la chaîne à porter plainte.
En Île-de-France, la situation était tout aussi préoccupante avec 75 établissements perturbés, dont 20 ont subi des violences ou dégradations. Cela a conduit à une estimation de 20 blessés, selon la Région. Valérie Pécresse, présidente de la Région, a déclaré que les dégâts matériels s’élevaient à près d’un million d’euros, en précisant que plusieurs portails d’entrée étaient hors service et nécessitaient des réparations coûteuses.
Le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a exprimé une opinion controversée en affirmant que « la violence, à un moment donné, peut être légitime », tout en nuançant son propos. Cette affirmation a suscité des réactions variées parmi les acteurs politiques et éducatifs.
Le mouvement de protestation ne se limite pas aux lycées, touchant aussi l’enseignement supérieur. Plusieurs universités, dont celles de Clermont-Ferrand et de Poitiers, ont été bloquées, selon l’Union étudiante. Les soutiens des responsables politiques de LFI se sont multipliés, avec des interventions régulières devant les lycées mobilisés.
Jean-Luc Mélenchon, candidat LFI à la présidentielle, a réagi aux déclarations du Premier ministre Sébastien Lecornu, qui avait critiqué la « surenchère irresponsable » d’élus de gauche radicale. Mélenchon a affirmé : « Nous sommes fiers d’être aux portes des lycées pour défendre nos gamins. Parents, militants Insoumis, mobilisez-vous pour vous interposer face à la sauvagerie policière. »
Cette journée de mobilisation se déroule alors que le climat social est déjà tendu, et les acteurs du mouvement continuent de revendiquer leurs droits, tout en appelant à une réflexion sur la violence et ses conséquences dans le cadre scolaire.