Rétinoblastome : deux signes dans les yeux de votre enfant qui doivent alerter

À l’occasion de Septembre en Or, mois dédié à la sensibilisation sur les cancers pédiatriques, la Société française d’ophtalmologie attire l’attention sur le rétinoblastome. Ce cancer pédiatrique de l’œil, bien que rare, représente le cancer intraoculaire le plus fréquent chez les enfants, principalement ceux de moins de cinq ans.

EN BREF

  • Le rétinoblastome touche principalement les jeunes enfants, avec environ 50 nouveaux cas par an en France.
  • Deux signes doivent alerter : la leucocorie et le strabisme inexpliqué.
  • Un diagnostic précoce améliore les chances de traitement et de préservation de la vision.

Chaque année, environ 2400 enfants sont diagnostiqués avec un cancer en France, dont le rétinoblastome. Cette tumeur maligne se développe dans la rétine et peut toucher un ou les deux yeux. Elle est liée à l’inactivation du gène RB1, un gène essentiel qui régule la multiplication cellulaire. Lorsque ce gène est défaillant, des cellules de la rétine peuvent se multiplier de manière incontrôlée, ce qui entraîne la formation d’une tumeur.

La maladie peut se présenter sous une forme héréditaire, souvent transmise par un parent. Pour les cas où les deux yeux sont affectés, ou lorsque la maladie apparaît à un jeune âge, une analyse génétique est recommandée. Cette démarche permet d’identifier les prédispositions familiales et d’envisager une surveillance accrue pour les autres enfants de la famille.

Le pronostic est généralement favorable lorsque le rétinoblastome est détecté et traité rapidement. Un accès rapide aux soins spécialisés permet d’opter pour des traitements moins invasifs et d’augmenter les chances de préserver l’œil et la vision de l’enfant.

Les signes d’alerte sont cruciaux à connaître. La Société française d’ophtalmologie souligne l’importance d’une vigilance accrue de la part des parents et des professionnels de santé. En particulier, deux signes doivent éveiller les soupçons :

  • La leucocorie, une pupille anormalement blanche, souvent visible sur les photos où l’éclairage est faible.
  • Le strabisme inexpliqué, où les yeux ne sont pas alignés correctement.

Le Dr Laurence Desjardins, spécialiste en onco-ophtalmologie à l’Institut Curie, insiste sur le fait que toute leucocorie ou tout strabisme inexpliqué justifie une consultation ophtalmologique rapide. Plus le diagnostic est posé tôt, plus les chances de succès du traitement sont élevées.

Un examen complet de la rétine est nécessaire pour établir un diagnostic, incluant un fond d’œil, une échographie oculaire, ainsi qu’une IRM orbito-cérébrale pour évaluer l’étendue de la tumeur. Si un rétinoblastome est confirmé, l’enfant est immédiatement orienté vers l’équipe spécialisée de l’Institut Curie, un centre de référence national qui propose des traitements adaptés à chaque cas.

Les traitements pour le rétinoblastome continuent d’évoluer et deviennent de plus en plus efficaces, variant selon la localisation de la tumeur et l’âge de l’enfant. Néanmoins, la localisation des tumeurs peut influencer le pronostic visuel.

La Société française d’ophtalmologie, en collaboration avec l’association Rétinostop, œuvre pour sensibiliser le public sur les signes d’alerte, notamment à travers leur campagne « Rétinoblastome : le repérer est un jeu d’enfant ». En septembre 2026, cette campagne sera de nouveau mise en avant, avec des événements dans plus de 30 villes pour informer et mobiliser autour de cette cause.

La vigilance des parents et de l’entourage est donc primordiale. Un simple doute doit toujours mener à un examen ophtalmologique, car chaque jour compte dans la lutte contre ce cancer pédiatrique.