À 60 ans, Peggy LeDuff opte pour une tiny house de 29 m² dans le jardin de sa fille

À 60 ans, Peggy LeDuff a pris une décision audacieuse : quitter son ancien mode de vie pour s’installer dans une tiny house de 29 m², adossée au jardin de sa fille à Portland, dans l’Oregon. Ce choix, motivé par sa volonté de se rapprocher de sa famille, met en lumière les défis juridiques et pratiques que rencontrent de nombreux Américains cherchant à réduire leur espace de vie.

EN BREF

  • Peggy LeDuff a déménagé dans une tiny house pour être proche de sa fille et de sa petite-fille.
  • La législation de Portland a récemment évolué, permettant ces habitations sur roues.
  • Le coût de la tiny house reste inférieur à celui d’une construction traditionnelle.

Tout a commencé avec la naissance de Nora, en mars 2021. Peggy souhaitait offrir à sa fille la même présence réconfortante que celle qu’elle avait reçue de sa propre mère. C’est donc à Portland qu’elle a décidé de poser ses valises, dans une maison sur roues, à proximité de sa famille.

Ce choix n’est pas le fruit du hasard. Avant ce déménagement, Peggy avait déjà réduit la taille de son logement, passant d’une maison de 334 m² à un appartement de 93 m². Cette expérience lui avait permis de tester sa capacité à vivre avec moins. Toutefois, l’adaptation à un espace de moins de 30 m² a nécessité des réflexions pratiques sur l’aménagement et les besoins quotidiens.

Pendant trois jours par semaine, Peggy garde sa petite-fille, ce qui lui permet de jongler entre vie familiale et espace personnel. Ce mode de vie rappelle celui de nombreux retraités américains, qui, face à la hausse des coûts de la vie, choisissent de repenser leur logement.

Pourtant, Peggy a dû faire face à un obstacle majeur. En 2021, la législation interdisait en théorie d’habiter à l’année dans une tiny house sur roues sur un terrain résidentiel à Portland ; ces maisons étaient alors considérées comme des véhicules. Après avoir pris contact avec divers services municipaux, elle a appris que la ville ne verbalisait pas ces installations, sauf en cas de plaintes.

Le timing a joué en sa faveur. La livraison de sa maison, initialement prévue pour juin, a été retardée à décembre 2021 en raison de la pandémie. Entre-temps, le 28 avril 2021, le conseil municipal a voté à l’unanimité pour autoriser l’occupation de ces habitations sur roues, un texte qui est entré en vigueur le 1er août 2021. Portland est ainsi devenue la première ville américaine à légaliser pleinement ce type de logement, en dehors des parcs de camping.

Le coût de cette aventure est également révélateur. La tiny house a coûté 91 000 dollars, auxquels s’ajoutent 7 000 dollars pour les raccordements et la plateforme de gravier, portant le total à 98 000 dollars. Ce montant reste bien inférieur à celui d’une annexe classique, soumise à des frais de permis de construire.

Peggy a dû surmonter des défis techniques, notamment pour le raccordement aux égouts, compliqué par la présence d’un arbre sur le chemin de la canalisation. Les installateurs lui ont même demandé si elle souhaitait des toilettes classiques. Sa réponse fut claire : oui, sans hésitation. Les alternatives à incinération étaient trop coûteuses.

La vie dans sa tiny house a également nécessité des ajustements face aux conditions climatiques. Lors de son premier hiver, Peggy a souffert du froid, mais a trouvé des solutions avec des chauffages d’appoint et une jupe isolante. De plus, l’humidité de l’Oregon requiert un entretien régulier pour prévenir la mousse, tout comme dans n’importe quelle maison traditionnelle.

Ce choix de vie a offert à Peggy une précieuse liberté. Sans crédit à rembourser et grâce à la mobilité de sa maison, elle peut suivre sa fille lors de déménagements ou partir en voyage. Un projet l’emmène même entre Amsterdam, le Kenya et la Tanzanie. Cette expérience invite à redéfinir notre conception du « chez soi ». Peggy incarne ainsi un nouveau modèle de vie, où le lien familial et la simplicité priment sur les contraintes matérielles.