La précarité de la mobilité : des Français contraints d’arrêter de travailler

Les prix du carburant, en hausse constante, plongent de nombreux Français dans une situation précaire. Selon le dernier baromètre de l’association Wimoov, réalisé par Ipsos BVA, 17 millions de personnes se trouvent en état de précarité mobilité, un chiffre en augmentation de 2 millions par rapport à 2024. Cette réalité pousse certains à renoncer à leur emploi, car le coût des déplacements excède leur rémunération.

EN BREF

  • 17 millions de Français en situation de précarité mobilité en 2026.
  • Des renoncements à l’emploi dus aux coûts de déplacement.
  • Le gouvernement prolonge les aides carburant pour les professionnels.

Les histoires des personnes touchées par cette crise sont poignantes. Fred, résident de Montpellier, raconte le parcours difficile de sa femme, qui a dû se mettre en arrêt-maladie. Son emploi, rémunéré en dessous du Smic, nécessite qu’elle parcourt 90 km pour se rendre au travail. Entre le coût du carburant et celui des péages, elle s’aperçoit qu’elle travaille « pour la gloire ». « Cela lui prend une heure de voiture ou trois heures de transports en commun », explique Fred. Cette situation est d’autant plus déchirante pour lui, sachant que son épouse est appréciée dans son travail.

Autre témoignage, celui de Thierry, qui a anticipé cette crise en optant pour une voiture électrique. Il témoigne des économies réalisées : « Avec 10€ de gasoil, je faisais 60 km avec mon Scénic, tandis qu’avec ma voiture électrique, je peux en faire 400. » Ce choix lui permet de déposer ses enfants au lycée et au collège sans subir les fluctuations des prix des carburants.

D’autres, comme Adèle, fonctionnaire en Dordogne, doivent faire des choix difficiles. « Nous sommes proches de nos emplois, mais nous vivons dans un désert médical. Les rendez-vous chez les spécialistes nécessitent une heure et quart de route, donc nous repoussons ces déplacements au maximum », explique-t-elle. Adèle souligne également qu’elle doit réduire les activités sportives de son fils, ne réalisant qu’un seul déplacement par mois au lieu de trois auparavant.

Cette situation affecte même leur alimentation. « Nous allons chercher nos légumes chez le maraîcher, mais nous en prenons moins et nous mangeons plus de féculents, car c’est moins cher », ajoute-t-elle. Malgré une augmentation de son salaire de 200€, Adèle ressent une dégradation de son niveau de vie par rapport à il y a deux ou trois ans, soulignant les effets néfastes de la hausse des prix.

Face à cette situation alarmante, le gouvernement est sous pression. Les mobilisations de certains professionnels, notamment les pêcheurs, se font de plus en plus pressantes. Dans ce contexte, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé le prolongement des aides carburant ciblées pour les professionnels jusqu’à la fin de l’année, tentant ainsi d’apporter un peu de répit aux Français victimes de cette crise.

La précarité de la mobilité est désormais une problématique centrale pour de nombreux Français. Les témoignages de ceux qui se battent au quotidien pour joindre les deux bouts illustrent une réalité inquiétante qui mérite une attention urgente.