La précarité de la mobilité touche 17 millions de Français en 2026

La question de la mobilité devient de plus en plus préoccupante en France. En 2026, 17 millions de Français se trouvent en situation de précarité liée à la mobilité, marquant une hausse de deux millions par rapport à l’année précédente. Ce constat alarmant émane du baromètre Wimoov 2026, réalisé par Ipsos BVA, qui a été dévoilé le 17 septembre.

EN BREF

  • 17 millions de Français touchés par la précarité mobilité en 2026
  • Les automobilistes dépensent en moyenne 300 euros par mois pour leur voiture
  • 12% des Français renoncent à des soins de santé à cause des coûts de transport

Ce phénomène de précarité mobilité se définit par l’absence d’alternatives viables à l’utilisation de la voiture. Il est accentué par la flambée des prix des carburants, rendant nécessaire le recours quotidien à un véhicule personnel pour de nombreux Français. Sébastien Bailleul, porte-parole de l’association Wimoov, a partagé ces préoccupations lors d’une intervention sur RMC. Il a souligné que cette situation ne concerne pas uniquement des chiffres, mais des histoires de vie. Par exemple, un jeune qui ne peut pas accéder à une formation ou une personne âgée isolée qui ne peut pas se rendre à son rendez-vous médical.

Dans des départements comme les Alpes-de-Haute-Provence, la dépendance à la voiture est particulièrement marquée. Les habitants, confrontés à des trajets quotidiens pour le travail, les courses ou les soins, témoignent d’une véritable captivité vis-à-vis de leur véhicule. L’augmentation des coûts liés à la possession d’une voiture est devenue une préoccupation majeure pour ces foyers. La plupart des automobilistes y consacrent plus de 300 euros par mois, incluant le carburant, l’assurance et les frais d’entretien, sans compter le prix d’achat initial.

Célia, une jeune résidente de Digne-les-Bains, illustre parfaitement cette réalité. À peine âgée de 20 ans, elle perçoit moins de 800 euros par mois, et sa voiture engloutit près de la moitié de son budget. Elle raconte : « Il y a des mois où je ne faisais rien parce que je devais faire des réparations sur ma voiture. Pour aller chez le dentiste, c’est environ 100 km, donc je dois me restreindre pour avoir de l’essence pour ce rendez-vous. » Cette situation est devenue commune, et l’étude révèle que près d’un Français sur quatre s’est privé de loisirs l’année dernière pour financer ses trajets quotidiens.

Les conséquences de cette précarité ne s’arrêtent pas aux loisirs. Selon Sébastien Bailleul, de nombreux Français doivent faire des choix difficiles concernant leur alimentation. En effet, 15% d’entre eux réduisent leurs dépenses alimentaires pour maintenir leur capacité de déplacement. Plus alarmant encore, 12% ont renoncé à des soins de santé afin de préserver leur budget transport. Manon, habitant dans un petit village montagnard, témoigne de cette réalité en évoquant ses difficultés à se rendre à des rendez-vous médicaux.

Sur le plan professionnel, cette précarité a également des répercussions. Dans les Alpes-de-Haute-Provence, moins de 3% des actifs utilisent les transports en commun, les obligeant à parcourir en moyenne 36 km par jour en voiture pour se rendre au travail. Ce trajet n’est pas toujours financé par les employeurs, ce qui accroît la pression financière sur les salariés. Les organisations syndicales et patronales locales ont d’ailleurs exprimé leur inquiétude face à cette situation, proposant un accord interprofessionnel pour prendre en charge les frais de déplacement des travailleurs.

Enfin, l’étude révèle qu’environ 10% des Français ont renoncé à des emplois ou à des formations en raison de l’impossibilité de s’y rendre. Cette situation témoigne d’une crise profonde de la mobilité qui touche une part significative de la population, rendant urgent le besoin de solutions adaptées.

Face à cette réalité, il est impératif de repenser les politiques de mobilité afin d’offrir à tous des alternatives viables à la voiture, garantissant ainsi une meilleure accessibilité aux services essentiels et à l’emploi.