Le candidat à la présidence, Gabriel Attal, a récemment fait une annonce qui pourrait transformer la situation financière de millions de familles en France. Lors d’une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, il a exprimé son intention de défiscaliser les pensions alimentaires perçues par les familles monoparentales, une proposition qui concerne deux millions de foyers, dont 80 % sont dirigés par des femmes. Pour beaucoup, cette imposition sur les pensions alimentaires constitue une injustice à l’égard de ces familles déjà fragilisées.
EN BREF
- Gabriel Attal souhaite défiscaliser les pensions alimentaires pour les familles monoparentales.
- Cette mesure pourrait impacter deux millions de foyers, majoritairement dirigés par des femmes.
- Les détails de cette proposition demeurent flous et nécessitent des clarifications budgétaires.
Dans son discours, Attal a mis en lumière la situation des mères célibataires qui élèvent leurs enfants avec des ressources limitées. Il a souligné : « Une maman qui élève ses enfants seule, avec les moyens du bord, doit payer des impôts sur la pension alimentaire qu’elle reçoit. Vous trouvez ça normal ? Moi, non. » Avec un montant moyen de pension alimentaire s’élevant à 170 euros, cette proposition vise à alléger le fardeau fiscal pesant sur ces familles.
Un système déséquilibré
L’ancien Premier ministre a également évoqué le retard pris par le modèle social français, qui continue de faire peser des règles conçues pour des couples sur les parents isolés. Selon lui, la pension alimentaire ne doit pas être considérée comme un revenu personnel, mais comme une contribution essentielle aux besoins d’un enfant. L’imposition de cette somme ajoute une iniquité fiscale à une situation déjà difficile sur le plan économique.
Me Barbara Régent et Me Joséphine Coz, avocates en droit de la famille, s’interrogent sur les implications de cette mesure. Elles soulignent qu’il est crucial de définir si le parent qui verse la pension continuera de bénéficier d’un avantage fiscal. Actuellement, le parent non gardien, souvent le père, peut déduire les pensions alimentaires de son impôt sur le revenu, ce qui crée une disparité entre les parents. « Si on défiscalise pour le parent qui reçoit la contribution, maintient-on l’avantage fiscal pour l’autre parent ? » questionnent-elles.
Des amendements déjà proposés
Attal n’est pas le premier à aborder ce sujet. En octobre 2025, un amendement proposé par la députée écologiste Marie-Charlotte Garin avait été adopté, mais avait ensuite été écarté du budget 2026. Cette situation met en lumière les blocages rencontrés pour faire avancer ce type de réforme, malgré le consensus sur l’inadéquation du système actuel.
Les chiffres avancés par RMC estiment que le coût de cette mesure pourrait varier entre 450 millions et un milliard d’euros. Un investissement qui pourrait sembler conséquent, mais qui pourrait également réduire les inégalités fiscales et améliorer la vie des familles monoparentales.
Les avocates évoquent également le fait que la pension alimentaire est souvent mal estimée et peut ne pas couvrir le coût réel d’un enfant, ce qui impose une pression supplémentaire au parent qui a la garde. Elles rappellent que le parent gardien, généralement la mère, supporte des coûts bien supérieurs à ceux des pensions alimentaires, tout en étant pénalisé par le système fiscal.
Un débat en cours
Les questions restent nombreuses. Pourquoi cette mesure n’a-t-elle pas encore été mise en place, alors que Gabriel Attal, en tant qu’ancien ministre des Comptes publics, aurait pu agir? La dissolution de 2024 a entravé les avancées, selon ses dires. Néanmoins, les obstacles administratifs et les implications fiscales complexes rendent difficile l’application d’une telle réforme.
En définitive, la proposition de Gabriel Attal de défiscaliser les pensions alimentaires pour les familles monoparentales soulève des espoirs mais également des interrogations. La mise en œuvre d’une telle mesure nécessite des clarifications et des ajustements budgétaires qui restent à définir. Un sujet à suivre de près pour les millions de familles concernées.