Affaire Lyhanna : un suspect déjà connu de la justice sous le coup d’une nouvelle plainte

L’enquête sur l’affaire Lyhanna, cette collégienne de 11 ans disparue depuis vendredi dernier, prend une tournure inquiétante. Le suspect, un homme de 41 ans, a déjà un passé judiciaire chargé, avec trois procédures antérieures pour viols ou agressions sexuelles qui viennent s’ajouter à une nouvelle plainte déposée ce mercredi 3 juin.

EN BREF

  • Le suspect fait l’objet de plusieurs plaintes passées pour des agressions sexuelles.
  • Une enquête administrative a été lancée pour examiner les antécédents du suspect.
  • Les recherches de la collégienne se poursuivent dans une zone rurale près de Toulouse.

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a été interpellé à ce sujet à l’Assemblée nationale par le député David Taupiac. En réponse, il a annoncé une enquête administrative pour identifier d’éventuels dysfonctionnements concernant le traitement des plaintes à l’encontre du suspect.

La situation est d’autant plus préoccupante que les procédures antérieures n’ont pas été traitées avec diligence. Une plainte déposée en 2022 avait été classée sans suite en 2024, tandis qu’une autre, enregistrée en 2025, a tardé à être examinée. La dernière, déposée ce mercredi, concerne une agression sexuelle. Cette plainte fait actuellement l’objet d’une enquête administrative, particulièrement en ce qui concerne le traitement de la plainte de 2025.

Le procureur de la République de Toulouse a confirmé que le suspect, qui est actuellement en détention provisoire pour enlèvement et séquestration de Lyhanna, avait été mis en cause dans une plainte pour viol sur une enfant de 10 ans, déposée en août 2025. Cette plainte a été transférée au parquet d’Auch, mais le dossier n’a été transmis à la gendarmerie que plusieurs mois plus tard.

Les parents de Lyhanna se disent préoccupés par la situation et demandent le respect de leur intimité. Leur avocat, François Roujou de Boubée, a souligné que la famille place sa confiance dans la justice, tout en appelant à la prudence sur les informations divulguées dans les médias.

La plainte classée sans suite en 2024, pour infraction insuffisamment caractérisée, sera réexaminée, ce qui pourrait ouvrir la voie à de nouvelles investigations. Le parquet d’Auch a affirmé que les enquêtes judiciaires concernant le suspect se poursuivraient et pourraient être regroupées.

Le passé professionnel du suspect est également troublant. Il a été congédié d’un lycée de Lectoure il y a cinq ans suite à des comportements inappropriés signalés par des parents d’élèves. Cela a conduit les parents de Lyhanna à adopter une attitude de prudence à son égard, notamment en prenant leurs distances.

La première plainte enregistrée contre lui remonte à 2017 pour avoir entretenu une relation avec une adolescente de 17 ans. Bien que la mère de la jeune fille ait porté plainte, la fille avait déclaré qu’il s’agissait d’une relation consentie, ce qui a conduit au classement de l’affaire.

Lors de son interrogatoire, le suspect a choisi de ne pas s’exprimer sur les accusations portées contre lui, comme l’a rapporté le procureur d’Agen, Olivier Naboulet. Actuellement, Lyhanna reste introuvable depuis qu’elle a été vue pour la dernière fois à Fleurance, lorsqu’elle est montée dans la voiture du suspect, qu’elle connaissait bien.

Ce mercredi, le sixième jour de sa disparition, les recherches se poursuivent intensément dans la région, avec un déploiement de près de 230 personnels, dont des gendarmes et des volontaires. Le lieutenant-colonel Romand a indiqué que le dispositif de recherche, qui mobilise entre 170 et 180 gendarmes, est reconduit pour maximiser les chances de retrouver la collégienne.

La situation reste extrêmement préoccupante pour la famille de Lyhanna, alors que l’enquête se poursuit sur les agissements du suspect et les circonstances entourant la disparition de la jeune fille. Le respect de la présomption d’innocence est également souligné par les avocates du suspect, qui ont choisi de ne pas faire de déclarations supplémentaires à la presse.