Un policier hors service incarcéré après des violences lors des célébrations du PSG

Les célébrations de la victoire du Paris Saint-Germain en Ligue des champions ont été marquées par des incidents violents, dont l’un a impliqué un policier hors service. Ce mardi 2 juin, Erwan M., âgé de 24 ans, a été jugé en comparution immédiate pour avoir braqué un automobiliste avec son arme de service, alors qu’il n’était pas en fonction.

EN BREF

  • Un policier hors service a été condamné à 14 mois de prison ferme.
  • Il a braqué son arme sur un automobiliste lors des célébrations du PSG.
  • Plus de 890 interpellations ont eu lieu durant le week-end des célébrations.

Le tribunal correctionnel a prononcé une peine de deux ans de prison, dont dix mois avec sursis, ainsi qu’une obligation de soins et l’interdiction de porter une arme pendant cinq ans. La demande du policier de ne pas inscrire cette condamnation à son casier judiciaire a été rejetée, et il a été incarcéré immédiatement.

Les faits se sont déroulés samedi soir, peu après 22 heures, dans le sixième arrondissement de Paris. Deux hommes, qui célébraient la victoire de leur équipe, se sont arrêtés à un feu rouge en agitant des drapeaux. C’est alors qu’Erwan M. s’est interposé, braquant son arme dans leur direction sans se présenter comme policier ni porter de brassard. Les victimes ont rapporté qu’il leur a ordonné de couper le contact tout en les insultant.

« Il a braqué mon ami au volant, en lui disant de ne pas bouger ou il allait tirer. Il a essayé de me plaquer au sol », ont déclaré les deux hommes. Ils ont également signalé avoir été victimes de propos racistes, le policier leur ayant dit de « rentrer chez eux ». Heureusement, des témoins et des gendarmes présents sur les lieux ont permis d’intervenir rapidement.

Erwan M. a été arrêté sur place, accompagné d’un complice cagoulé. À la barre, il a justifié son acte par l’alcool, déclarant : « J’étais ivre, je ne sais pas pourquoi j’ai fait ça ». Parallèlement, l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a ouvert une enquête sur cet incident.

Il est à noter que, bien que le port d’arme soit légal pour un policier hors service, son utilisation ne doit intervenir qu’en cas de légitime défense, comme l’indique le règlement général d’emploi de la police nationale. L’IGPN a également été saisie à la suite d’une déclaration du député insoumis Aly Diouara, qui a rapporté qu’un adolescent de 13 ans avait été gravement blessé par un tir de lanceur de balles de défense (LBD) durant les émeutes.

Durant le week-end, plus de 890 personnes ont été interpellées à l’échelle nationale, dont 225 majeurs à Paris, qui ont été placés en garde à vue. Une trentaine d’entre elles ont été jugées en comparution immédiate, tandis qu’un nombre similaire a été soumis à une procédure de reconnaissance préalable de culpabilité. Les peines prononcées varient, allant de travaux d’intérêt général à quatorze mois de prison ferme. Par ailleurs, trois personnes sont décédées dans le cadre de ces débordements, dont deux après des chutes dans la Seine.

Cette série d’incidents soulève des questions sur la gestion des célébrations sportives et la responsabilité des forces de l’ordre, en particulier lorsque des policiers, même hors service, se trouvent impliqués dans des actes de violence.