Appel à la création d’un pôle dédié aux crimes sur mineurs après la mort de Lyhanna

Le corps de Lyhanna, une fillette de 11 ans disparue depuis le 29 mai, a été retrouvé jeudi soir dans le Gers. Cet événement tragique a suscité une onde de choc au sein de la société française et a mis en lumière les dysfonctionnements dans le traitement des plaintes visant le principal suspect. Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a présenté ses excuses « au nom de la Justice » pour ces erreurs, mais les critiques sur le manque de moyens dans la lutte contre les crimes sur mineurs se sont intensifiées.

EN BREF

  • Le corps de Lyhanna a été retrouvé, déclenchant des critiques sur la gestion des plaintes.
  • Martine Brousse, présidente de « La Voix de l’enfant », appelle à un pôle spécialisé sur les crimes contre les mineurs.
  • Le ministre de la Justice évoque des sanctions potentielles à l’encontre des magistrats concernés.

Martine Brousse, présidente de l’association « La Voix de l’enfant », a exprimé son indignation sur RMC, affirmant : « Il faut que ces excuses soient accompagnées d’une réelle volonté politique et de moyens. » Les déclarations de Brousse font écho à celles d’un procureur général qui a déploré le manque d’enquêteurs et de pédopsychiatres, des ressources essentielles pour traiter les affaires concernant les enfants victimes.

Les critiques se sont intensifiées concernant la gestion de la procureure d’Auch, qui n’aurait pas appliqué une circulaire pénale priorisant la protection des enfants victimes. Des plaintes avaient été déposées contre le suspect en 2022 et 2025, mais elles avaient été classées sans suite. Selon des sources gouvernementales, il est « tout à fait envisageable » de réexaminer ces affaires à la lumière des événements récents. L’enquête est toujours en cours pour la seconde plainte.

Le ministre Gérald Darmanin a reconnu des « dysfonctionnements » dans la gestion de cette affaire, mais a également insisté sur la nécessité d’une meilleure organisation et d’une mutualisation des ressources. « Il faut créer un pôle sur les crimes et délits sur mineurs, comme il y a un pôle de lutte contre le terrorisme et le narcotrafic », a déclaré Brousse. Elle a également souligné l’importance de disposer d’espaces adaptés pour recueillir la parole des enfants victimes, loin des environnements souvent inappropriés des gendarmeries ou commissariats.

Au-delà de la protection des victimes, Brousse a insisté sur la nécessité de s’occuper des auteurs d’infractions. Elle a déploré l’absence de dispositifs de prévention en France, tels que des numéros d’appel connus pour ceux qui pourraient être tentés de nuire à des enfants. « La seule réponse, c’est la répression », a-t-elle déclaré, appelant à une politique plus globale en matière de protection de l’enfance.

Les débats autour de la gestion des crimes sur mineurs se poursuivent, et la pression monte sur le gouvernement pour qu’il prenne des mesures concrètes. Si des sanctions contre les magistrats ne sont pas à exclure, Martine Brousse met en garde contre les risques de dérapages. « On montre du doigt la justice, demain on montrera du doigt la médecine légale », a-t-elle averti.

Il est désormais crucial que les acteurs politiques prennent en compte ces problématiques et mettent en œuvre des solutions efficaces pour assurer la protection des enfants et la répression des crimes qui leur sont commis.