Une série d’incidents troublants a été signalée au Musée de la Résistance de Besançon, où dix visiteurs ont effectué un salut nazi depuis le début de l’année 2023. Ce chiffre marque une nette augmentation par rapport aux cinq incidents répertoriés pour l’ensemble de l’année 2025, selon des informations fournies par la municipalité et le parquet de la ville.
EN BREF
- Dix saluts nazis recensés en 2023, contre cinq en 2025.
- La municipalité dénonce des comportements graves et contraires à la loi.
- Des plaintes systématiquement déposées contre les auteurs de ces gestes.
Les actes de provocation ont été filmés par les caméras de surveillance du musée, montrant des individus effectuant le salut nazi devant un grand drapeau nazi, comme l’a rapporté Christine Werthe, adjointe au maire (LR) en charge du patrimoine touristique et de la Citadelle. Cette situation a suscité une vive réaction au sein du conseil municipal, où l’ensemble des partis a unanimement condamné ces agissements.
Christine Werthe a affirmé que ces actes ne sont pas de simples provocations anodines, mais relèvent de comportements sérieux, en contradiction avec le cadre légal et les valeurs démocratiques. « La ville portera plainte systématiquement contre les auteurs de tels faits, qu’ils soient majeurs ou mineurs. Tolérance zéro », a-t-elle insisté, soulignant que certains jeunes semblent se rendre compte, trop tard, de la gravité de leurs actes.
Isabelle Rollet, vice-procureure, a précisé que les jeunes interpellés ont souvent déclaré avoir voulu « faire rire » sans mesurer les conséquences de leurs gestes. Certains ont même exprimé des remords lors de leur audition. Depuis le début de l’année, neuf plaintes ont été déposées, en comparaison de deux en 2025. Parmi les personnes concernées figurent quatre mineurs en visite avec leur classe, ainsi qu’un père de famille et plusieurs jeunes hommes. Aucune de ces personnes ne présente un profil radicalisé ou un lien évident avec des idéologies néonazies, selon les déclarations de la vice-procureure.
Christine Werthe a évoqué la possibilité d’un « défi TikTok » incitant à ces comportements, bien que la vice-procureure n’ait pas pu confirmer cette hypothèse, précisant que cela n’avait pas émergé lors des auditions. Les affaires judiciaires en cours ont donné lieu à des suites variées : l’un des jeunes, ayant reconnu les faits et présenté des excuses, devra suivre un stage de citoyenneté, tandis qu’un autre a bénéficié d’un classement sans suite en raison de son état mental déficient.
La situation au musée de la Résistance de Besançon soulève des inquiétudes sur la banalisation de tels gestes et sur l’éducation des jeunes générations face à l’histoire et à ses tragédies. La municipalité, en réagissant fermement, espère envoyer un message clair contre toute forme de haine et de discrimination.
Alors que la ville s’engage à lutter contre ces comportements inacceptables, il est crucial que la société dans son ensemble prenne conscience de l’importance de la mémoire historique et de la nécessité de promouvoir des valeurs de respect et de tolérance.