Le 24 septembre, au conseil municipal de Saint-Denis, un vœu contre l’excision a été adopté sans le soutien du maire, Bally Bagayoko. Cette situation a mis en lumière des tensions au sein de la majorité, qui a conditionné son appui au retrait d’une référence à la « loi intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles. Ce cafouillage a suscité des interrogations sur le fonctionnement interne de la municipalité et sur les implications de ce vote.
EN BREF
- Un vœu contre l’excision a été adopté au conseil municipal de Saint-Denis.
- Bally Bagayoko, le maire, s’est abstenu lors du vote.
- La majorité a conditionné son soutien à la suppression d’une référence législative.
Ce vote a été marqué par une nette division entre les membres du conseil. L’opposition, menée par le groupe socialiste, a soutenu le vœu en faveur d’une position claire contre l’excision, un sujet particulièrement sensible au Mali, où des campagnes pro-excision continuent d’exister. De leur côté, les membres de la majorité ont exprimé des réserves sur les implications juridiques du texte, poussant à un retrait de la mention à la loi intégrale.
Le déroulement de la séance a été chaotique. En effet, Bally Bagayoko a annoncé le rejet du vœu sans avoir comptabilisé les voix favorables, ce qui a créé une confusion parmi les conseillers. Ce cafouillage a mis en exergue des désaccords politiques profonds au sein de la majorité, où certains élus semblent vouloir éviter de se positionner de manière trop ferme sur des sujets aussi délicats que l’excision.
Le contexte de cette délibération est particulièrement important. La question de l’excision est non seulement un enjeu de santé publique, mais aussi un sujet qui touche aux droits des femmes et à la lutte contre les violences faites à leur encontre. L’adoption de ce vœu sans la voix du maire a soulevé des critiques quant à la cohérence de la majorité municipale.
Les abstentions, au nombre de quarante-quatre, soulèvent des questions sur l’engagement des élus face à des enjeux sociétaux majeurs. Les observateurs s’interrogent sur la capacité de la municipalité à prendre des décisions courageuses sur des sujets qui impactent directement la vie des citoyennes et citoyens de Saint-Denis.
Cette situation délicate met en lumière le rôle du maire et de sa majorité dans des débats qui ne devraient pas souffrir d’hésitations. La lutte contre l’excision et les violences sexistes doit être une priorité, et le conseil municipal a l’occasion de se positionner fermement à ce sujet. Les prochaines séances devraient permettre de clarifier les positions de chacun et de renforcer l’engagement des élus face à ces enjeux cruciaux.
Il est essentiel que les débats autour de ces questions sensibles soient menés de manière transparente et constructive, afin de garantir que tous les élus, y compris le maire, soient en phase avec les valeurs qu’ils représentent. L’attente est désormais de voir comment la municipalité de Saint-Denis compte avancer dans cette lutte contre l’excision et les violences faites aux femmes.