En 2025, la France a enregistré un nombre record de créations d’entreprises, avec 1 165 800 nouvelles structures, selon l’INSEE. Ce phénomène est le reflet d’une volonté croissante de nombreux salariés de se lancer dans l’entrepreneuriat, tout en cherchant à préserver leurs droits sociaux. Démissionner ne signifie pas toujours perdre ses droits au chômage, grâce à des dispositifs mis en place pour accompagner ces reconversions.
EN BREF
- 1,165 millions de nouvelles entreprises créées en France en 2025.
- Le dispositif de démission-reconversion permet de percevoir des allocations chômage.
- Consultation d’un conseiller en évolution professionnelle recommandée.
Depuis novembre 2019, le dispositif de démission-reconversion a été instauré pour permettre aux salariés de bénéficier d’allocations chômage lorsqu’ils choisissent de quitter leur emploi pour créer une entreprise ou se reconvertir professionnellement. Fin 2024, environ 27 000 personnes étaient indemnisées dans ce cadre, représentant un montant total de 540 millions d’euros versés. Près de 70 % des bénéficiaires se sont ensuite engagés dans un projet entrepreneurial dans les trois mois suivant l’ouverture de leurs droits.
Ce dispositif s’adresse principalement aux salariés en CDI du secteur privé, qui doivent justifier de 1 300 jours travaillés au cours des cinq dernières années. Il est crucial que le projet de création d’entreprise soit jugé « réel et sérieux » pour être éligible. En revanche, les salariés en CDD, les agents publics, et certains travailleurs indépendants sont exclus de cette mesure.
Les étapes à suivre pour bénéficier des allocations
Pour entamer ce processus, la première étape consiste à consulter un conseiller en évolution professionnelle (CEP). Ce service gratuit aide les salariés à envisager toutes les options possibles pour réaliser leur projet. À partir de là, le salarié peut construire son dossier avec l’assistance du CEP et le soumettre à la commission régionale Transition Pro, qui disposera de deux mois pour statuer sur la solidité du projet. Environ 4 % des dossiers sont refusés, selon les données de l’Unédic.
Une fois le projet validé, le salarié dispose de six mois pour s’inscrire auprès de France Travail et déposer sa demande d’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE), sans dépasser un délai de douze mois après sa démission. France Travail ouvrira alors les droits aux allocations dans les mêmes conditions que pour tout demandeur d’emploi.
L’attestation de Transition Pro est essentielle pour accéder à ces droits. Démissionner avant d’obtenir cette attestation peut entraîner la perte de l’indemnisation en cas de non-validation du projet. De plus, un autre risque souvent sous-estimé est la présence d’une clause de non-concurrence dans le contrat de travail. Certains salariés découvrent trop tard qu’ils sont contraints de ne pas exercer leur nouvelle activité pendant plusieurs mois.
Alternatives à la démission-reconversion
Il est important de noter que le dispositif de démission-reconversion n’est pas la seule option pour accéder aux allocations chômage en vue de se lancer dans l’entrepreneuriat. La rupture conventionnelle, par exemple, permet d’obtenir des indemnités sans avoir besoin de justifier d’un projet. Le congé pour création d’entreprise, quant à lui, suspend le contrat de travail jusqu’à 24 mois, tout en offrant la possibilité de réintégrer son poste. Enfin, le temps partiel pour création d’entreprise permet aux salariés de tester leur activité sans renoncer immédiatement à leur salaire.
Ce cadre législatif témoigne d’une volonté d’accompagner les aspirations entrepreneuriales des salariés tout en leur offrant des garanties. Le choix de quitter son emploi pour créer une entreprise est une décision à bien réfléchir, mais avec les bonnes informations et un accompagnement adéquat, il est possible de le faire sans sacrifier ses droits. Les opportunités sont nombreuses, et il convient de les explorer avec soin.