Des mesures insuffisantes face à la chaleur durant les épreuves du bac

Les élèves de terminale générale et technologique se retrouvent confrontés à une vague de chaleur alors qu’ils entament leur semaine d’épreuves du baccalauréat. Avec des températures prévues au-delà de 30 degrés dans plusieurs villes, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a proposé que les examens ne se déroulent pas l’après-midi. Cette initiative a suscité la controverse.

EN BREF

  • Édouard Geffray propose de limiter les épreuves du bac à la matinée en raison de la canicule.
  • Sophie Vénétitay, du Snes-FSU, critique cette mesure, la qualifiant de solution temporaire.
  • Les conditions d’examen dans les établissements scolaires soulèvent des inquiétudes quant à la santé des élèves.

La secrétaire générale du Snes-FSU, Sophie Vénétitay, a exprimé son mécontentement sur le plateau d’Apolline Matin. Selon elle, la solution proposée par le ministre n’est pas innovante, car les épreuves de spécialité se tiennent déjà le matin depuis plusieurs années. Elle souligne que cette mesure ne s’applique pas aux oraux, notamment l’oral de Français et le grand oral, qui se déroulent tout au long de la journée.

Vénétitay a également mis en lumière le fait que les élèves du baccalauréat professionnel avaient déjà subi des épreuves en milieu d’après-midi, lors de la précédente session, sous des températures accablantes. « Le ministère de l’Éducation nationale est le ministère du bricolage », a-t-elle déclaré, fustigeant ainsi une gestion inadaptée face à la canicule.

Elle a insisté sur la nécessité d’une réflexion à long terme concernant les conditions d’examen, indiquant que les adaptations doivent aller au-delà du simple changement d’horaires. « Nous sommes face à un réchauffement climatique qui nécessite des réponses structurelles », a-t-elle ajouté, pointant du doigt les coupes budgétaires dans les fonds alloués à la rénovation des établissements scolaires.

Le ministre Geffray a reconnu qu’il était essentiel de s’adapter aux nouvelles réalités climatiques, mais les critiques persistent. Vénétitay a souligné que « les choses n’avancent pas assez vite » et qu’un investissement d’environ 4 à 5 milliards d’euros par an pendant dix ans est nécessaire pour améliorer les infrastructures scolaires.

Les élèves, eux, ressentent déjà les effets de ces défaillances. Stéphanie, professeure des écoles en Saône-et-Loire, a partagé son expérience : « L’année dernière, le matin, il faisait 38 degrés dans la classe ». Les conditions de travail deviennent insupportables, tant pour les élèves que pour les enseignants, qui se retrouvent dans des salles de classe surchauffées.

Bien que concentrer les épreuves le matin soit un pas dans la bonne direction, Vénétitay a prévenu que cela ne suffira pas. Les épreuves écrites du bac général et technologique se déroulent déjà majoritairement le matin, mais la situation actuelle nécessite une approche plus globale.

Le défi est de taille et les solutions à court terme ne semblent pas adéquates face à une problématique qui tend à s’aggraver. En tenant compte des prévisions climatiques, la question de la santé et du bien-être des élèves doit devenir une priorité pour le gouvernement et les acteurs de l’éducation.