Un incident troublant s’est produit lors de l’exercice militaire Hovedstad en Norvège, où des soldats ont découvert que des voitures électriques chinoises en leur possession enregistraient des vidéos détaillées de leur environnement. Cette situation soulève des inquiétudes quant à la sécurité et à la protection des données militaires.
EN BREF
- Des voitures électriques chinoises ont enregistré des vidéos lors d’un exercice militaire en Norvège.
- L’incident a conduit à une enquête interne sans interdiction immédiate des véhicules chinois.
- D’autres pays, comme la Pologne et Israël, ont déjà restreint l’accès de ces véhicules à des installations militaires.
Les véhicules concernés, une gamme de modèles Deepal, fabriqués par le constructeur Changan, avaient été loués par l’armée norvégienne auprès de First Rent A Car Norway, une société liée au groupe chinois Geely. Ces voitures ont non seulement enregistré des images des soldats et de leurs activités, mais également des données sensibles telles que des codes d’accès à des zones militaires. Ces révélations proviennent du quotidien Dagens Næringsliv, qui a mis en lumière les implications potentielles sur la sécurité nationale.
Au cours de l’exercice, qui a eu lieu en septembre et a réuni environ 5.000 soldats de la Garde nationale, l’unité a dû recourir à ces voitures de location en raison d’un manque de véhicules militaires. Bien que les autorités norvégiennes aient déclaré que les voitures étaient conformes à la législation nationale et européenne, l’enregistrement de données vidéo a soulevé des questions sur la confidentialité et la sécurité des opérations militaires.
Actuellement, une enquête interne est en cours pour déterminer l’étendue des enregistrements et des éventuelles exfiltrations de données. Cependant, les responsables norvégiens n’envisagent pas d’interdire l’utilisation de véhicules d’origine chinoise sur leur territoire, contrairement à d’autres pays. Par exemple, la Pologne a récemment interdit l’accès aux véhicules chinois dans ses installations militaires sensibles, craignant que ces derniers ne collectent des données sensibles via leurs capteurs.
Le contexte international renforce les préoccupations. En 2025, l’armée israélienne avait également décrété une interdiction d’entrée pour les véhicules de fabrication chinoise sur ses bases, invoquant des inquiétudes similaires concernant les fuites de données. De même, le Royaume-Uni a imposé des restrictions sur l’accès des véhicules chinois à des sites militaires stratégiques, notamment la base secrète de la RAF Wyton.
Il est évident que les questions de sécurité liées à l’utilisation de technologies étrangères dans des contextes militaires sont de plus en plus sensibles. Les forces armées de différents pays prennent des mesures pour protéger leurs installations et leurs données, tout en cherchant à équilibrer les besoins opérationnels avec les préoccupations de sécurité. En Norvège, la situation actuelle pourrait inciter à une réflexion plus large sur l’utilisation de technologies étrangères dans des opérations militaires sensibles.
Alors que le monde se dirige vers une dépendance accrue à l’égard des technologies avancées, les incidents comme celui-ci soulignent l’importance de la prudence et de la vigilance dans la gestion de la sécurité nationale. La situation en Norvège pourrait bien être un signal d’alarme pour d’autres pays, les incitant à reconsidérer leurs politiques d’acquisition de matériel militaire, surtout lorsque celui-ci provient de nations présentant des enjeux géopolitiques complexes.