Dominique Boutonnat, ex-président du CNC, relaxé en appel d’agression sexuelle

Ce vendredi 3 juillet, la cour d’appel de Versailles a décidé de relaxer Dominique Boutonnat, ancien président du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC). Condamné en première instance pour agression sexuelle sur son filleul lors de vacances en Grèce en août 2020, Boutonnat a vu sa culpabilité mise en doute par la cour, qui a jugé les faits insuffisamment caractérisés.

EN BREF

  • Dominique Boutonnat a été relaxé par la cour d’appel de Versailles.
  • Les faits d’agression sexuelle n’ont pas été jugés suffisamment prouvés.
  • Il avait été condamné à un an de prison ferme en première instance.

Lors de l’audience, la présidente de la cour a souligné les contradictions présentes dans les déclarations du plaignant. Elle a affirmé que « la culpabilité des faits d’agressions sexuelles reprochés à Dominique Boutonnat n’est pas établie », justifiant ainsi la décision de relaxe. En effet, les déclarations du plaignant, qui a aujourd’hui 21 ans, ont été mises en regard des éléments de preuve et des témoignages apportés par le prévenu.

Dominique Boutonnat, âgé de 56 ans, était présent lors du délibéré, portant une veste noire et une chemise bleue. En revanche, son filleul n’était pas là. Le tribunal correctionnel de Nanterre l’avait condamné à un an de prison ferme en juin 2024, après que le jeune homme a accusé Boutonnat d’avoir tenté de le masturber dans son lit après une baignade nue dans la piscine. Selon les déclarations de l’accusateur, Boutonnat aurait ensuite masturbé le jeune homme pour qu’il arrête de le toucher.

Lors de son procès en appel, Dominique Boutonnat a maintenu sa version des faits, expliquant qu’il avait pris des photos de son filleul nu sans intention malveillante, se justifiant par le fait qu’il visait le paysage. Il a également reconnu avoir échangé des baisers dans la chambre de son filleul, mais a affirmé que ces gestes étaient consentis et initiés par le jeune homme.

Le lendemain des faits, les deux parties ont convenu que Boutonnat était entré dans la salle de bain de son filleul pour tenter de clarifier les ambiguïtés des événements de la nuit précédente. La cour d’appel a rappelé que l’établissement des faits doit être fondé sur des preuves tangibles, notamment en ce qui concerne l’absence de consentement, qui doit être qualifiée au regard de la violence, de la contrainte ou de la surprise.

Un échange téléphonique enregistré quelques jours après les faits a également été examiné. Dans cette conversation, le plaignant n’a pas mentionné d’actes masturbatoires ni de tentatives de fellation imposée, des éléments qu’il a plus tard évoqués lors des procès. La présidente de la cour a noté que les seuls actes mentionnés dans cet enregistrement étaient les baisers échangés, qui n’ont pas été jugés comme constitutifs d’une infraction pénale dans le contexte présenté.

Dominique Boutonnat, qui a dirigé le CNC de 2019 à 2024, était l’une des figures les plus influentes du cinéma français. Il avait démissionné de son poste après sa condamnation initiale en juin 2024. Le CNC, en tant qu’institution, est également impliqué dans la gestion de la prévention des violences sexuelles dans l’industrie cinématographique, ce qui a ajouté une dimension particulière à cette affaire.

Cette décision de la cour d’appel soulève des questions sur la manière dont les affaires d’agression sexuelle sont traitées dans le système judiciaire français, en particulier en ce qui concerne la nécessité d’établir des preuves concrètes et le poids des témoignages dans des cas où les événements se déroulent en huis clos.